“Je n’avais pas vu un couple français réaliser une telle reprise depuis longtemps”, Odile van Doorn

Ancienne cavalière de l’équipe de France de dressage, Odile van Doorn commente la finale de la Coupe du monde de Bâle sur ClipMyHorse.tv cette semaine. Hier soir, l’experte a livré son éclairage sur le Grand Prix d’ouverture de la compétition, remporté par Charlotte Fry et Glamourdale. Elle revient notamment sur la performance de Corentin Pottier, quatrième ex aequo aux rênes de son fidèle Gotilas du Feuillard.



Les cavaliers d’Europe occidentale toujours au-dessus du lot

“En finale de la Coupe du monde, le contraste est toujours intéressant entre les duos que l’on peut voir en Europe occidentale, et ceux venus d’autres régions du monde. Ils proposent aussi une belle équitation, mais on se rend compte de la qualité extraordinaire des chevaux qui évoluent sur le Vieux continent. Par exemple, Anikó Komjáthy-Losonczy, la cavalière hongroise (seizième avec 64,565% sur Dior S, ndlr) avait une monture assez chouette et bien dressée, et elle a délivré une reprise propre, mais son partenaire n’était pas à la hauteur de ceux trustant le haut du classement. De toute évidence, les résultats reflètent ces écarts, puisque sept des cavaliers composant le Top huit sont des représentants d’Europe de l’Ouest.”



Charlotte Fry et Glamourdale en quête de changement

“Je n’ai pas trouvé Charlotte Fry et Glamourdale (qui se sont imposés avec 77,152%, ndlr) au sommet de leur art, même si leur état de forme leur a suffi pour s’imposer haut la main. Son étalon reste brillant, voire un peu extravagant parfois, et a notamment présenté des appuyers au trot à tomber par terre. En revanche, il est un peu moins assuré qu’il n’a pu l’être. Par moments, Lottie m’a semblé manquer très légèrement de contrôle et de précision. Je pense qu’elle est dans une période de recherche afin de faire évoluer son équitation, et que sa perte d’impulsion dans la première session de passage est aussi liée à cela. À mon sens, elle essaye d’adopter un contact un peu moins fort, et cela l’empêche de stimuler l’activité de l’arrière-main autant que par le passé. Je suis ravi de la voir ainsi privilégier la qualité de l’équitation au sensationnel.”



Une moyenne généreuse pour Isabell Werth

“Quantaz, le cheval d’Isabell Werth (deuxième avec 74,848%, ndlr), m’est apparu un peu vieillissant. Il n’a que quinze ans, et il retrouvera peut-être une forme éblouissante par la suite, mais n’étant pas le cheval le plus talentueux du circuit, il a dû fournir beaucoup d’efforts pour en arriver là. Sa reprise n’était pas très séduisante, et j’ai trouvé qu’elle avait été notée assez généreusement. Quantaz ne m’a pas toujours semblé très à l’aise dans sa locomotion, notamment au pas. Aux autres allures, il était tout de même un peu plus expressif.”



Corentin Pottier au sommet de son art

“Corentin Pottier (le Francilien, qui a accordé un grand entretien à GRANDPRIX pour le magazine numéro 165, actuellement en kiosques, a terminé quatrième ex aequo après avoir décroché un record personnel à 74,283%, ndlr) m’a bluffée et a présenté la plus belle reprise que je ne l’aie jamais vu dérouler! Je pense que toute la préparation olympique a été éprouvante pour Gotilas et lui, mais ils semblent avoir beaucoup progressé sur le plan technique, et énormément gagné en expérience au plus haut niveau, ainsi qu’en maturité. Après avoir bénéficié d’un peu de repos en fin d’année et en étant libérés de la pression olympique, ils ont réalisé une performance éblouissante. Cela m’a réjouie, car je n’avais pas vu un couple français réaliser une reprise d’une telle qualité depuis longtemps! Tout semblait couler de source, et serein. J’ai hâte de voir leur Libre ce soir, car en étant dans un état de confiance tel que celui procuré par sa performance dans le Grand Prix, Corentin peut être vraiment touché par la grâce. S’il arrive à reproduire une reprise du même niveau technique, il ne me semble pas impossible qu’il termine sur le podium, ou en tout cas, tout près de celui–ci. Quant à Pauline Basquin et Sertorius de Rima*IFCE (dixièmes avec 72,348%, ndlr), j’ai trouvé leur performance légèrement en demi-teinte. Ils ont réussi leur ligne de changements de pied au temps, où ils commettent souvent des fautes, et Sertorius semble avoir vraiment progressé au passage. En revanche, j’ai trouvé le reste de leur présentation élégante, mais un peu terne. Je n’ai pas eu le sentiment qu’ils étaient autant en osmose qu’ils ne peuvent l’être.”

Ce soir le Grand Prix Libre débutera à 19h30 et sera diffusé sur ClipMyHorse.tv, comme toutes les épreuves des finales des Coupes du monde de Bâle.
La liste de départ du Grand Prix Libre



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