Après le contrôle antidopage positif d’un cheval, la FEI suspend le Cheik Nasser al-Khalifa, double champion du monde en titre
La Fédération équestre internationale a suspendu lundi le Cheik Nasser ben Hamad al-Khalifa, sacré champion du monde individuel d’endurance en 2023 à Bou Thib et en 2024 à Monpazier. Cette décision provisoire est liée au contrôle positif à un bêtabloquant de Freesia de Lap, jument avec laquelle le prince bahreïnien avait gagné une CEI 3* courue le 30 janvier à Dubaï.
On a appris hier soir que le Cheik Nasser ben Hamad al-Khalifa avait été suspendu de toute compétition à titre provisoire depuis le 2 mars. Quatrième fils du roi Hamad de Bahreïn, Cheik Nasser, accueilli à l’Élysée le mois dernier avec son père par le Président la république, Emmanuel Macron, est tout sauf un cavalier inconnu. Âgé de trente-huit ans, il n’est autre que le double champion du monde individuel en titre d’endurance, sacré en 2023 à Bou Thib, aux Émirats arabes unis, avec Darco La Majorie, puis en 2024 à Monpazier, en Dordogne, avec Everest La Majorie.
Cette suspension automatique, prononcée par la Fédération équestre internationale (FEI), est liée au contrôle positif de Freesia de Lap à l’aténolol, un bêtabloquant inscrit sur la liste des substances interdites en compétition, le 30 janvier à Dubaï. Associés pour la première fois en compétition, le prince bahreïnien et la jument Anglo-Arabe de onze ans, entraînée par le Pakistanais Muhammad Abbas Khalid selon les données déclarées à la FEI avaient remporté une CEI 3* de 160km à une vitesse moyenne de 20,85km/h, avec des temps de récupération allant de 1’44’’ à 4’19’’ avant le contrôle final, et un rythme cardiaque mesuré entre 51 et 58 (à l’arrivée).
L’aténolol, médicament prescrit pour traiter les arythmies cardiaques, la cardiomyopathie hypertrophique et les cardiopathies obstructives, peut être utilisé dans le but de faire baisser la fréquence cardiaque des chevaux, l’un des critères essentiels des contrôles vétérinaires menés en endurance. Lors de cette même épreuve, Divine du Vialaret, courant elle aussi sous les couleurs du Bahreïn, sous la selle de Mohamed Abdul Samad al-Bastaki, et entraînée par le Bahreïnien Abdoulrahmane Mohamed al-Saad, a également été contrôlée positive à l’aténolol.
Lors des tests antidopage positifs impliquant une substance interdite en compétition, la FEI impose une suspension systématique du cheval et du cavalier en attendant une audience du tribunal de la FEI. Si le cavalier et/ou d’autres personnes responsables telles que l’entraîneur est reconnu coupable lors d’une audience finale, il peut être suspendu de toute compétition jusqu’à deux ans pour une première infraction liée à une substance interdite – suspension assortie d’une amende financière. Ces sanctions peuvent être réduites lorsque le tribunal de la FEI prend en considération la faute et la négligence, si le cavalier peut tracer la contamination ou démontrer son ignorance à l’aide de preuves solides. Quoi qu’il en soit, le couple demeure disqualifié de l’épreuve concernée.
Présumés innocents de toute faute intentionnelle, Cheik Nasser al-Khalifa et Muhammad Abbas Khalid n’ont pas fait savoir s’ils avaient demandé l’analyse de l’échantillon B, comme le permet le règlement antidopage de la FEI. En juin 2023, l’équipe Bahreïnienne avait perdu la médaille d’or qu’elle avait gagnée quelques mois plus tôt aux Mondiaux Bou Thib en raison du contrôle positif aux stéroïdes de Héra Durances, partenaire d’Abdoulrahmane Mohammed al-Zayed. Le titre mondial avait alors été attribué à la France par une décision du tribunal de la FEI.
