Dan Eschmann, un Talent (Hermès) qui n’attend pas le nombre des années
Ce week-end, Dan Eschmann va vivre l’un des plus grands moments de sa carrière de cavalier en prenant part aux Talents Hermès, le CSI U25 du Saut Hermès. Une consécration pour cet ambitieux garçon de dix-huit ans, soutenu par sa famille et encadré avec soin par Julien Épaillard et son père Philippe Épaillard. Associé à sa fidèle Fauve des Roches, l’Alsacien donnera le meilleur de lui-même sous la mythique verrière du Grand Palais, et ne compte pas s’arrêter là.
Le cavalier Alsacien regarde avec ambition le futur
© Agence Ecary
Pour la première fois de sa jeune et prometteuse carrière de cavalier de saut d’obstacles, Dan Eschmann prendra part ce week-end au CSI U25 du Saut Hermès, associé à Fauve des Roches (SF, Vagabond de la Pomme x Balou du Rouet). Ce rendez-vous, l’Alsacien l’aborde avec calme et méthode, sans se mettre de pression. “Je prépare ça tranquillement chez moi”, a-t-il assuré à quelques jours de l’événement. Avec Arthus Chiabodo, également âgé de dix-huit ans, ils formeront le plus jeune binôme des Talents Hermès, qui s’exprimeront lors de trois épreuves: sous la mythique verrière du Grand Palais une Vitesse à 1,40m cet après-midi, un Grand Prix à 1,45m demain, puis une mini-Coupe des nations dimanche midi
Dès l’annonce de sa sélection, voici quelques semaines, Dan Eschmann a choisi d’utiliser ses trois semaines de compétition à Oliva pour préparer au mieux sa jument, en ciblant des épreuves précises et en soignant chaque détail. De retour chez lui, il a repris ses bonnes habitudes avec Fauve, alternant séances de travail classique et vie au pré. Le choix de l’alezane s’est imposé comme une évidence. Performant ces derniers mois, le couple a obtenu une neuvième place dans un Grand Prix CSI Juniors à 1,40m fin décembre à Malines, puis une deuxième place dans le Grand Prix à 1,45m du CSI U25 de Bâle, en janvier, pour sa première expérience à ce niveau. “Elle est complètement prête”, affirme le cavalier, convaincu des qualités de sa partenaire. Cette confiance s’inscrit dans une échelle de progression réfléchie et soutenue par la Fédération française d’équitation.
Participer au Saut Hermès représente une véritable fierté pour le jeune cavalier basé à Marienthal, près de Haguenau, à vingt-cinq kilomètres au nord de Strasbourg. “C’est un concours mythique”, confie-t-il, évoquant ses souvenirs télévisés d’enfance. S’il ne s’attendait pas forcément à un tel honneur dès 2026, cette sélection marque pour lui une étape importante, d’autant plus qu’il évoluera devant le public français, dans un cadre exceptionnel et aux côtés de son coach, Julien Épaillard. “C’était un objectif”, affirme-t-il. Le cavalier aborde ce week-end avec une double ambition: apprendre et performer. “Je vais donner le meilleur de moi-même”, assure-t-il, espérant obtenir des classements et marquer les esprits du public parisien.
Un système qui porte ses fruits
Propriété de la famille Épaillard, Dante d'Auge a été confié à Dan Eschmann
© Agence Ecary
Dan Eschmann aura aussi à cœur de satisfaire ses coaches. “Aujourd’hui, je considère Julien Épaillard comme un ami, sinon un membre de ma famille. Nous nous apprécions énormément. Je l’ai rencontré à travers le milieu automobile, qui est le métier de mon père (Olivier Eschmann, concessionnaire, sponsorise le cavalier depuis quelques années, ndlr). Il a commencé à m’encadrer, comme Philippe, son père. J’ai l’honneur d’être son seul élève. Julien a profondément transformé mon organisation. Je suis désormais entièrement son système : mes chevaux sont déferrés, vivent ensemble, et j’essaie d’adopter le même état d’esprit que lui. Ce qui me marque chez Julien, c’est qu’il se remet constamment en question et cherche à améliorer ses méthodes : alimentation, gestion des prairies, travail des chevaux, etc. Il évolue sans cesse dans une logique de progression. C’est extrêmement enrichissant de travailler avec quelqu’un comme lui.”
De son côté, le Normand apprécie le temps passé avec ce jeune homme qui pourrait être son fils. “J’essaie de lui donner un coup de main quand je peux, sur les terrains de concours ou en analysant ses vidéos. Il est très motivé, curieux et impliqué. Il cherche à comprendre et apprendre, sans simplement copier. Il développe sa propre identité tout en s’inspirant de ma méthode. Il s’intéresse à tout : les pieds nus, le matériel, les techniques, etc. Il se forme et essaie lui-même beaucoup de choses avec ses chevaux. J’apprécie particulièrement son approche fondée sur l’amour du cheval, la patience et l’exigence de compétitivité”, salue Julien Épaillard, qui le suivra de près au Grand Palais.“Après un séjour à Oliva, le changement d’ambiance aura de quoi surprendre, ses chevaux comme lui. Mais son objectif reste clair: apprendre et progresser. Le comportement de sa jument, âgée de onze ans et peu expérimentée en indoor, nous donnera des indications importantes pour la suite. Elle a du potentiel, et Dan a pris le temps de construire ses bases.”
Un piquet solide et un vrai soutien familial
L’Alsacien forme patiemment deux autres chevaux: Iron Man (SF, Baïkal de Talma x Ilvien des Mielles), Hugo de la Mothe (SF, Querlybet Hero x Soir d’Avril V). Et il monte Dante d’Auge (SF, Safari d’Auge x Unau du Fonteny), “un cheval plus expérimenté que Julien m’a confié à la valorisation”. Fauve reste donc sa jument de tête. “Elle a un vrai caractère. Quand on arrive à l’écurie, on ne voit qu’elle. Elle demande de l’attention au point de détester qu’on s’occupe des autres. Elle a beaucoup de sang et d’énergie. Elle est infatigable pour ainsi dire. C’est une guerrière, ce qui se ressent dans ses yeux et sa façon d’être. Elle ne lâche jamais rien, même quand on pense qu’elle n’est pas prête ou que quelque chose ne va pas”, admire son cavalier. Le week-end dernier, une nouvelle recrue a rejoint l’Alsace : History (KWPN, Quasimodo Z x Furore). “Appartenant à Maxime Teissier, il m’a été confié avec un objectif commerciale. Je vais apprendre à la découvrir et tenter d’en obtenir le meilleur.”
Avec Olivier Eschmann, Dan s’est aussi lancé dans l’élevage. “Mon père est aussi passionné de chevaux que moi. Nous avons découvert ce sport ensemble. Nous avons commencé avec ma première jument, Valdiva Frivole (SF, Castronom Z x Ilvien des Mielles), qui m’avait accompagné aux championnats d’Europe Enfants en 2021 à Vilamoura. Elle nous a donné Oh My Love KingKong (SF, Mylord Carthago). En parallèle, nous avons acheté deux autres poulains de six mois. Âgés de quatre ans, ils entament aujourd’hui leur débourrage”, explique le jeune cavalier, visant un rythme annuel de deux naissances sous l’affixe KingKong. “C’est une réelle chance pour moi que des gens croient en moi et me poussent à progresser et à me remettre en question. On m’a ouvert beaucoup de portes. Par exemple, mon père et mon oncle se sont associés pour acquérir une écurie située près de chez moi. Nous allons la rénover complètement et je devrais m'y installer d’ici la fin du printemps.”
Un futur plein d’espoir
Après avoir obtenu un Bac professionnel commerce avec mention bien, Dan Eschmann souhaite se consacrer exclusivement à l’équitation. “J’ai continué l’école pour passer mon DE JEPS, que je finis dans deux mois. L’équitation, j'adore ça, et j’aime transmettre cette passion. Ce diplôme me permettra d’enseigner”, explique le Français. “Mon objectif est de réussir à performer au plus haut niveau, et nous mettons tout en place pour y parvenir. J’aimerais m’épanouir dans le commerce de chevaux afin de faire vivre ma structure.”
Avec Kevin Caprin, l’Alsacien défend les couleurs de l’écurie TBV Automobile, la concession de son père, dans le Grand National FFE/AC Print de jumping, auquel il participera avec Fauve des Roches afin de progresser à 1,50m. “Je vise les championnats d’Europe Jeunes Cavaliers, bien sûr, parce que c’est un rêve de pouvoir monter en équipe de France, mais il me faudra convaincre Olivier Bost, notre sélectionneur national.” Après le Saut Hermès et quelque jours de repos, le couple devrait prendre part au Grand National de Cluny, début avril, puis au championnat de France Jeunes Cavaliers, à Fontainebleau. “Il a encore beaucoup à apprendre et manque d’expérience, mais il se construit de la bonne manière”, affirme Julien Épaillard, qui l’accompagnera de nouveau au Grand Parquet. “Je pense qu’on entendra parler de lui dans les années à venir”, conclut-il.
