Aux JO de Los Angeles, des barrages pourraient avoir lieu pour toutes les médailles et les substitutions devraient être plus fortement pénalisées
Les propositions de modifications du règlement des épreuves équestres olympiques ont été au cœur des discussions, lundi au Forum des sports de la Fédération équestre internationale (FEI), à Lausanne. En saut d’obstacles, la réintroduction d’un barrage en cas d’égalité de points pour toutes les médailles, et non plus seulement l’or, figure parmi les mesures phares et a été saluée par les parties prenantes du jumping, qui n’ont pas obtenu gain de cause ni sur le retour de quatre cavaliers dans l’épreuve qualificative par équipes, ni en ce qui concerne la modification de la formule de compétition individuelle demandée par le Club des cavaliers internationaux de saut d’obstacles (IJRC). En complet, le comité technique de la FEI a annoncé sa volonté d’augmenter les pénalités liées aux substitutions. D’autres idées d’ajustements plus mineurs ont également été présentées.
Malgré les appels renouvelés des parties prenantes du jumping à modifier le format de la compétition par équipes en saut d’obstacles pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028, la Fédération équestre internationale a confirmé celui-ci ne serait pas remis en cause, lundi, lors du Forum des sports de Lausanne. François Mathy Jr., président du Club des cavaliers internationaux de saut d’obstacles (IJRC) présent dans le public durant la session dédiée aux propositions de modifications du règlement des épreuves équestres olympiques, y a suggéré de s’inspirer du fonctionnement de la Ligue des nations Longines (LLN), avec quatre cavaliers au premier tour - et donc dans la qualificative par équipes - puis trois au second, et donc en finale. “Je pense que nous avons atteint les limites du format à trois cavaliers dès la première manche”, a estimé le cavalier belge. “D’une part, [à Tokyo et à Paris], plusieurs équipes ont été éliminées pour diverses raisons (et auraient eu une chance de ne pas l’être si le format de compétition avec un score biffé avait encore été en vigueur, ndlr). D’autre part, cette formule a parfois entraîné un manque d’intérêt chez certains cavaliers, puisqu’il leur était possible de commettre trois, quatre, voire cinq fautes tout en assurant quand même la qualification de leur pays pour la finale, où les scores sont de toute façon remis à zéro.”
L’ancien cavalier de Polinska des Isles a souligné le fait qu’un format avec quatre cavaliers au départ dans l’épreuve qualificative puis trois dans la finale, n’augmenterait pas les coûts, les équipes pouvant déjà venir aux JO avec un couple remplaçant. “Cela rendrait le sport plus intéressant”, a poursuivi le Belge. “Pas seulement pour les nations fortes, mais aussi pour les plus petites: même en essuyant un mauvais parcours, elles auraient davantage de chances de figurer parmi les dix meilleures.” Áine Power, directrice exécutive des sports et des jeux à la FEI, a expliqué que si cette idée pouvait paraître séduisante sur le papier, elle ferait dépasser le quota de soixante-quinze cavaliers octroyé par le Comité international olympique (CIO) pour le saut d’obstacles. En effet, la présence de remplaçants a été accordée à la FEI après des négociations, mais ils ne font pas partie du contingent officiels. “Si nous dépassons les quotas, nous nous exposons à de graves ennuis”, a-t-elle insisté.
François Mathy Jr. a également présenté la suggestion de l’IJRC d’imposer aux cavaliers sans équipe de prendre part à la qualificative des collectifs avant celle réservée à la compétition individuelle, dans l’idée première d’établir plus d’équité entre les duos qui participent aux deux compétitions et les autres. Aussi, le club trouverait pertinent que la sélection des trente couples qualifiés pour la finale individuelle ne soit pas fondée sur une seule manche tel que pratiqué dans le système actuel, décrit par le Belge comme une “sélection très faible”. Todd Hinde, directeur du service saut d’obstacles de la FEI, a rejeté cette proposition. Selon lui, les deux compétitions doivent rester distinctes pour répondre à la demande du CIO, d’une part, et éviter une éventuelle confusion du public d’autre part. “Je comprends vos arguments d’un point de vue sportif mais je crois que dans le cadre des Jeux olympiques et conformément à leur esprit, nous devons conserver une vision d’ensemble et veiller à ce que notre sport reste lisible et accessible pour les spectateurs”, a-t-il appuyé, revenant aussi sur la proposition d’adopter la même formule pour la compétition par équipes que pour les étapes de LLN. “Il faut garder à l'esprit que le format des équipes à trois avait (en partie, ndlr) été adopté, à l'époque, parce qu'il permettait une meilleure lisibilité pour le public des Jeux”, a-t-il dit.
Les autres ajustements à l’étude en saut d’obstacles
Todd Hinde a présenté trois autres propositions de modification pour le règlement des épreuves olympiques de saut d’obstacles, à commencer par la réintroduction de barrages pour toutes les médailles. Dans la dernière mouture des règles, un barrage n’avait lieu qu’en cas d’égalité de points pour une médaille d’or. D’ailleurs, lors des JO de Paris, la France et les Pays-Bas, troisièmes ex aequo au nombre de points de pénalité à l’issue de la finale par équipes, avaient été départagées au jeu des chronomètres cumulés. Un tel cas ne pourra donc pas se reproduire à Paris. Précision logique mais utile, si deux couples – ou deux cavaliers – devaient barrer pour l’or et d’autres pour le bronze, le barrage pour le bronze aurait lieu avant celui pour le titre olympique.
Autre évolution évoquée: la possibilité de remplacer une équipe jusqu’à deux heures précédant la finale, si l’une des dix escouades qualifiées renonçait à y participer. Cette mesure est proposée avec l’objectif d’éviter au maximum les cas de finales disputées par moins de dix équipes, comme ce fut le cas à Paris en 2024.
Enfin, le directeur du service saut d’obstacles a indiqué que la conduite du tirage au sort pour déterminer l’ordre de départ de la première qualificative individuelle pourrait être modifiée, afin de se rapprocher de la “procédure standard”. “Auparavant, le tirage était effectué par groupes”, a-t-il expliqué. “Nous tirions d’abord les athlètes individuels, puis les équipes nationales, et les cavaliers étaient ensuite affectés à leurs positions de départ par leurs chefs d’équipe. Nous proposons désormais un tirage standard au sein d’un groupe unique.”
Concours complet, dressage et procédures préalables à la compétition
En concours complet, deux modifications réglementaires sont étudiées en vue de Los Angeles 2028. La première viserait à augmenter la pénalité infligées aux équipes en cas de remplacement d’un cavalier au cours de la compétition, actuellement fixée à 20 points. Rappelons qu’à Paris, le Japon avait pu décrocher le bronze malgré une substitution survenue entre le cross et le saut d’obstacles. Le nouveau total n’a pas encore été déterminé, a précisé Molly Day, directrice du concours complet et de l’attelage à la FEI, mais une décision sera évidemment prise avant la publication du projet de règlement. Halley Griffin, directrice du sport à la fédération équestre des États-Unis présente dans le public à Lausanne, a suggéré un total de 35 points de pénalité; aucune autre fédération n’a encore fait part de son point de vue publiquement.
Une seconde modification évoquée prévoit la disqualification de l’ensemble de l’équipe, qui ne se verrait alors attribuer aucun score final, si l’un de ses membres est disqualifié (et non éliminé), par exemple à la suite d’une infraction aux règles antidopage. Dans ce cas, les autres membres de l’équipe pourraient poursuivre la compétition à titre individuel. Ronan Murphy, directeur des services dressage, para-dressage et voltige, a présenté une formule similaire pour le dressage, où une équipe subissant une élimination – et non une disqualification – pourrait donc désormais tout de même obtenir un score final, évidemment moins élevé que celui des collectifs ayant conclu la compétition avec leurs trois couples.
Il a également été proposé de clarifier la procédure concernant la présence d’un cheval ne figurant pas dans le classement mondial de la FEI à la date limite des engagements définitifs, l’ordre de départ du Grand Prix reposant sur cette hiérarchie. Logiquement, un tel cheval sera considéré comme s’il était le moins bien classé de tous ceux présents. Si plusieurs équidés non classés sont au départ, un tirage au sort sera effectué entre eux pour déterminer lequel est rentre dans la grille de départ en tant que dernier au classement, lequel en tant qu’avant-dernier, etc.
Concernant les substitutions avant les Jeux qui, en 2028, seront autorisées du 26 juin jusqu’à deux heures avant le début de l’épreuve concernée et limitées aux athlètes et chevaux figurant sur la liste des engagements nominatifs, Áine Power a répondu aux préoccupations selon lesquelles les États-Unis, ainsi que d’autres nations disposant d’une forte présence sur le sol américain, pourraient bénéficier d’un avantage en raison d’un plus large réservoir de chevaux sur place. D’après Áine Power, les règles de quarantaine et de biosécurité garantiront que toutes les nations respectent la même échéance pour faire arriver leurs chevaux sur le site de Santa Anita Park, qui comprendra à la fois des écuries de quarantaine et de compétition. La FEI imposera une date butoir d’arrivée sur site pour toutes les nations, garantissant ainsi qu’aucune fédération ne bénéficie d’un avantage en termes de nombre de chevaux sur place.
La FEI publiera une première version des modifications réglementaires envisagées pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028 le 20 juillet et les fédérations nationales auront jusqu’au 7 septembre 2026 pour l’examiner et formuler leurs observations. Une version finale des modifications proposées sera publiée le 6 novembre 2026, en vue d’un vote lors de l’Assemblée générale annuelle de la FEI quelques semaines plus tard.
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