La Premier Jumping League, nouvelle série mondiale, promet de distribuer 300 millions de dollars

En 2027, une nouvelle série de concours de saut d’obstacles, la Premier Jumping League, devrait apparaître au calendrier de la Fédération équestre internationale. Avec un concept inspiré de la Formule 1 et de la NBA, ce circuit promet de distribuer au moins 300 millions de dollars. Seize équipes devraient s’affronter sur quatorze sites en Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient à partir de mars 2027.



Hier à Miami, Frank McCourt, Neil Moffitt, Nick McCabe, Lisa Lazarus et quelques cavaliers triés sur le volet ont officialisé la naissance de la Premier Jumping League (PJL), nouvelle série mondiale d’écuries privées, dont le lancement est prévu en mars 2027. Seize équipes devraient s’affronter sur quatorze sites aux États-Unis, au Mexique, en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en France et au Moyen-Orient (selon l’évolution de la situation géopolitique). Frank McCourt, propriétaire de l’Olympique de Marseille et ancien associé de Jan Tops au sein de Global Champions, promet de distribuer 300 millions de dollars de dotation.

“La PJL est une compétition mondiale qui entend donner aux cavaliers et à leurs chevaux la place qui leur revient sur la scène internationale. Fondée sur des principes de mérite, d’intégrité et d’excellence, la PJL réunira les meilleurs cavaliers mondiaux dans un cadre inédit pour la discipline, soutenu par la dotation la plus élevée jamais proposée, contribuant ainsi à un modèle économique plus durable”, résument ses promoteurs dans un communiqué publié hier. “La PJL réunira seize équipes et introduira un processus inédit de sélection, réunissant des cavaliers choisis parmi les deux cent cinquante meilleurs au monde. Des événements se dérouleront sur quatorze sites internationaux emblématiques, en Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient, offrant au public un accès privilégié à l’intensité et aux exigences du saut d’obstacles de haut niveau.”

La saison inaugurale se déroulera de mars à octobre 2027. “Conçue pour ouvrir la discipline à de nouveaux publics tout en respectant son héritage, la PJL associe performance sportive et qualité de production, notamment grâce à un partenariat avec la société Box to Box Films, récompensée aux Emmy Awards, ainsi qu’à un modèle de diffusion gratuit. De nouveaux formats de compétition, l’usage de technologies et une organisation plus transparente visent à renforcer la dramaturgie, l’intensité et la compétitivité propres au sport de haut niveau, tout en permettant au saut d’obstacles de déployer pleinement son potentiel auprès des publics du sport et du divertissement à l’échelle internationale, restant fidèle à ses valeurs fondamentales. Reposant sur des standards élevés en matière de bien-être équin, un dispositif de développement et un modèle économique durables, la PJL contribue pleinement au développement global du saut d’obstacles”, avance la société étasunienne, qui entend s’associer à des organisateurs expérimentés dans chaque région du monde.

“Pendant trop longtemps, de nombreux cavaliers parmi les meilleurs au monde ont dû choisir entre vivre leur passion et construire une carrière durable. La PJL change cette réalité en créant un cadre clair et viable permettant aux athlètes de vivre de leur sport au plus haut niveau, sans compromettre les traditions et les valeurs sur lesquelles s’est fondé le saut d’obstacles. En alignant opportunités, performance et engagement, nous contribuons à faire évoluer la discipline et à permettre à ses meilleurs talents de se consacrer pleinement à l’excellence”, se félicite Frank McCourt, fondateur et président de la PJL.

“Cette annonce marque une étape importante pour les sports équestres. La PJL a réuni une équipe opérationnelle de premier plan pour mettre en œuvre son ambition d’apporter une nouvelle dynamique et un engagement renforcé autour de la discipline”, assure Neil Moffitt, directeur général de la PJL, père d’Emily Moffitt, qui avait représenté la Grande-Bretagne aux championnats d’Europe de 2021 à Riesenbeck, et ancien propriétaire d’Explosion W, partenaire de la médaille d’or olympique du Britannique Ben Maher en 2021 à Tokyo. “Il ne peut y avoir de performance sans garantir le bien-être et la sécurité des chevaux. L’organisation de la PJL – formats de compétition, calendrier, déplacements et suivi vétérinaire – repose sur des standards exigeants en matière de soins, de repos et de prise de décision responsable à chaque étape”, promet Lisa Lazarus, conseillère équestre principale du projet et ancienne collaboratrice de la Fédération équestre internationale (FEI) et de la Ligue nationale de football américain (NFL).



“La force de la PJL réside dans sa capacité à mieux valoriser les cavaliers”, Scott Brash

Parmi d’autres grands champions, Nina Mallevaey, meilleure Française au classement mondial, soutient cette initiative.

Parmi d’autres grands champions, Nina Mallevaey, meilleure Française au classement mondial, soutient cette initiative.

© Daniel Benson/Wieden+Kennedy London/The Premier Jumping League

Le projet de règlement est en cours de révision par le comité de saut d’obstacles de la FEI. À ce sujet, Nick McCabe, président et directeur opérationnel, et Lisa Lazarus, qui se sont exprimés cet après-midi lors d’une conférence de presse en ligne, se montrent confiants, estimant pouvoir parvenir à un compromis au cours du printemps, et au plus tard à l’automne. “Notre objectif est de proposer une formule attractive pour les cavaliers et compréhensible pour le public. C’est cela dont ce sport a besoin pour accroître son audience, et séduire les jeunes”, argue Nick McCabe.

Le calendrier de la première saison devrait être dévoilé d’ici deux mois. Les promoteurs de la PJL assurent qu’ils feront tout pour ne pas concurrencer frontalement les étapes du Grand Chelem Rolex, celles de la Ligue des nations Longines et les plus grands événements de la saison extérieure. Nick McCabe se montre également optimiste quant à leur capacité à attirer de nouveaux sponsors et suffisamment d’investisseurs pour prendre possession des équipes. “Nous nous attacherons surtout à vendre ces franchises à des acteurs qui souhaitent vraiment s’impliquer à long terme dans ce sport et participer de ce grand bond en avant que nous souhaitons impulser”, assure Nick McCabe.

Les Belges Nicola Philippaerts et Abdel Saïd, les Étasuniennes Lillie Keenan et Laura Kraut, les Britanniques Scott Brash, Ben Maher et Harry Charles, les Irlandais Cian O’Connor et Tom Wachman, le Mexicain Carlos Hank Guerreiro, l’Allemande Sophie Hinners, l’Italienne Giulia Martinengo Marquet et Nina Mallevaey, meilleure Française au classement mondial Longines, ont officiellement apporté leur soutien à cette initiative. “Remporter une médaille d’or olympique est l’accomplissement ultime dans notre sport. Pourtant, les opportunités économiques ne suivent pas toujours. L’écart entre la performance sportive et ce que les athlètes peuvent construire ensuite en dit long sur les limites du modèle actuel. La PJL propose de le faire évoluer en développant des perspectives pour l’ensemble des acteurs”, apprécie Laura Kraut, championne olympique par équipes en 2008 à Hong Kong, puis médaillée d’argent en 2021 à Tokyo et 2024 à Paris.

“Avec les chevaux – et dans notre sport en particulier – on n’arrête jamais d’apprendre. L’un de mes principaux objectifs est de contribuer à faire progresser cette discipline, en créant un environnement plus favorable pour les cavaliers, les chevaux, l’ensemble des acteurs et son public. Je pense que la PJL nous offre un cadre pertinent pour aborder ces sujets essentiels”, déclare Scott Brash, numéro un mondial et sacré champion olympique par équipes en 2012 à Londres et 2024 à Paris. “Évoluer au plus haut niveau représente un coût considérable. Pour la plupart des cavaliers, trouver les financements nécessaires tout en consacrant le temps indispensable à leur sport est un équilibre difficile. La force de la PJL réside dans sa capacité à mieux valoriser les cavaliers, en nous permettant de réellement donner la priorité à notre bien-être et à celui de nos chevaux, en rendant possibles un entraînement à temps plein et des périodes de repos adaptées. C’est une avancée majeure.”



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