La FFE livre un point d’étape sur le projet fédéral de développement du complet
Depuis son élection, Frédéric Bouix, président de la Fédération française d’équitation, a affiché sa volonté, avec les élus du Comité fédéral, d’accompagner le concours complet. La commission fédérale, présidée par Mathieu Grasset, est à l’œuvre depuis un an afin d’apporter des pistes de travail concrètes pour pérenniser la pratique et les compétitions en France. Dans un communiqué publié le 26 mars, la FFE livre un point d’étape de ce travail de longue haleine.
Présidée par Mathieu Grasset, avec Laurent Boyer comme élu référent du Comité fédéral, la commission fédérale de concours complet est composée d’une trentaine de personnes représentant l’ensemble des acteurs de la discipline. Réunis en avril 2025 à Lamotte-Beuvron, les membres de cette commission ont depuis constitué des groupes de travail qui ont donné lieu à dix-huit visioconférences, travaillant sur les thèmes suivants: formation des enseignants, formation professionnelle et Galops, organisateurs de compétitions, terrains de concours et construction d’obstacles, sécurité, assistance médicale et secours, haut niveau et circuits fédéraux, officiels de compétition, calendrier et championnats, et enfin règlement des compétitions. “Nous sommes au travail; plusieurs réunions se sont tenues ces derniers mois. Beaucoup d’idées en sont sorties et les travaux en cours ont été présentés en décembre à Frédéric Bouix et Sophie Dubourg, directrice technique nationale. L’année 2026 va être celle de l’action afin de mettre en œuvre ce qui a été acté”, précise Mathieu Grasset.
En parallèle de ces travaux, la FFE a proposé à chaque Comité régional d’équitation de coorganiser un moment d’échange et de partage sur le développement et l’avenir de la discipline. Ces temps ont été animés par Mathieu Grasset ou l’un des représentants de la commission, ainsi que par Martin Denisot, conseiller technique national pour le complet. Ils ont pu présenter des pistes d’actions et perspectives pour la discipline, mais aussi et surtout écouter les attentes, échanger sur les problématiques et réfléchir aux solutions. Dix réunions ont déjà eu lieu, “regroupant en moyenne une quarantaine de personnes par région”, selon la FFE.
Les propositions concrètes de la commission CCE
1. Formation des enseignants et des cavaliers. L’enseignant de concours complet est reconnu pour sa polyvalence, sa capacité à former dans plusieurs disciplines et à satisfaire une clientèle large.
- La rénovation du BP JEPS inclut le cross, réintégré dans l’examen final, dans la formation des enseignants de demain. La FFE accompagne cette évolution en finançant une journée de formation avec un expert fédéral de concours complet dans chacun des cent sept centres de formation BP JEPS.
- Les échanges en région sont également souvent revenus sur les examens des Galops, rappelant notamment l’obligation actuelle dans les programmes d’enchaîner avec fluidité un parcours de cross de niveau Club 3 au Galop 5, Club 2 au Galop 6 et Club 1 au Galop 7. “La FFE rappelle toute l’importance de garder dans ses programmes de Galops cette partie cross qui impose à tous les cavaliers d’acquérir des compétences transversales, qui en font des cavaliers polyvalents et compétents techniquement. Des discussions et réflexions ont concerné la réintégration d’un examinateur extérieur, ou encore la labellisation de certains Galops(avec examinateur) donnant l’accès aux compétitions ou à d’autres prérogatives comme l’entrée en formation pour devenir enseignant d’équitation”, précise la FFE.
- Sollicitation de sportifs de haut niveau pour s’investir quelques journées par an dans la formation des enseignants.
- Rédaction du Guide fédéral de concours complet. Il intègre notamment dix séances sous forme de fiches pédagogiques pour aider les enseignants à initier à la discipline dans leur club.
- Déploiement du Plan Coach 2032 dont les premiers regroupements ont eu lieu dès le printemps dans chaque région. L’objectif est d’accompagner la montée en compétences des enseignants ayant une activité d’entraîneur en compétition, grâce à des modules de formation continue.
- Encourager les correspondants régionaux de concours complet, qui seront réunis au printemps 2026, à proposer des stages et formations continues pour les enseignants dans leur secteur. “L’objectif est de les initier à la discipline et leur donner des outils pour former leurs élèves ainsi que leur cavalerie au cross, assurant ainsi une pratique et des passages d’examens fédéraux sécuritaires.”
2. Soutien et accompagnement des organisateurs de compétitions. Lors des réunions régionales, il a été mis en avant le manque de terrains de qualité à proximité, nécessaires pour le passage des Galops 5 à 7, ainsi que pour certains examens comme le BP JEPS. Le niveau d’exigence requis pour la pratique du cross dans de bonnes conditions s’est renforcé au fil des ans, tout comme les coûts de construction d’obstacles.
- Recensement par la FFE des terrains de cross et spring garden sur tout le territoire, en s’appuyant sur celui déjà effectué par l’association France Complet. Cette démarche sera effectuée en suivant une charte commune permettant d’identifier le niveau des parcours, les types d’obstacles et de sols, périodes d’accessibilité, etc. Une cartographie en ligne rendra ces informations accessibles à tous d’ici l’été 2026.
- Parallèlement à cette démarche, élaboration par la FFE d’une fiche type de mise à disposition/location de terrain, reprenant le cadre règlementaire en termes d’assurance, de responsabilité et d’encadrement.
- Soutien par la FFE du renouvellement des parcs d’obstacles de cross sur tout le territoire. Les Comités régionaux peuvent être accompagnés par les services fédéraux pour leur demande de subventions au Fonds Éperon concernant l’achat de nouveaux obstacles innovants et sécuritaires, pour un usage compétitif et pédagogique, et adossés à un projet de développement de la discipline. “Des cofinancements avec les collectivités territoriales sont étudiés et appuyés par la FFE. À date, cet accompagnement concerne déjà deux régions: la Nouvelle-Aquitaine, avec un dispositif officialisé le 6 février lors du Jumping de Bordeaux, avec l’accompagnement de sept organisateurs par la fourniture de parcours de cross cofinancés par le Conseil régional, le Fonds Éperon et la FFE. Un dispositif similaire devrait voir le jour en région Grand-Est pour accompagner une quinzaine d’organisateurs, avec les mêmes co-financeurs. À l’échelle de ces deux régions, l’investissement global représente près de 400.000 euros pour la discipline”, se félicite la FFE.
- D’autres initiatives ont également bénéficié d’un soutien de la FFE auprès du Fonds Éperon, soit pour l’acquisition d’obstacles, de matériel de sécurité ou pour des aménagements pérennes sur des sites destinés à accueillir des échéances nationales et internationales.
- Investissement d’environ 53.000 euros par la FFE dans un parc de trente-cinq obstacles de cross pouvant être mis à disposition, dès 2026, des organisateurs d’étapes du circuit Grand National et de CCI 4*, permettant ainsi d’alléger le budget d’organisation.
- Recensement de techniciens en capacité d’accompagner tous les organisateurs et de les conseiller pour la création ou l’amélioration de terrains de cross. “Ils pourront intervenir à la demande des Comités régionaux d’équitation en utilisant le dispositif des experts fédéraux.”
- Rédaction d’un Guide des organisateurs, en complément du Guide fédéral CCE qui comprend un chapitre “organiser des compétitions”, pour reprendre l’ensemble des bonnes pratiques, conseils et astuces. “Ce guide comportera également un chapitre autour des bénévoles (recrutement, implication, formation, reconnaissance).”
- Actualisation du Guide du chef de piste avec l’ajout de “parcours types” pour les premiers niveaux de cross et saut d’obstacles, précisant les attentes techniques correspondant à chaque niveau d’épreuve.
3. Sécurité. “La sécurité en concours complet est l’affaire de tous; elle commence par la bonne formation des enseignants, des cavaliers et des officiels. La volonté de la commission fédérale est d’être proactive pour travailler sur ces sujets. Dans la plupart des régions, des difficultés pour trouver des médecins et équipes de secouristes compétents ont été identifiées, engendrant par ailleurs un coût très important pour l’organisateur dans son budget global”, rappelle la FFE.
- Réécriture du Règlement général des compétitions et de son chapitre sur les services de secours par la commission médicale de la FFE. La commission CCE a proposé la prise en compte de plusieurs facteurs pour permettre une adaptation du dispositif obligatoire: proximité des premiers secours et hôpitaux, statut du médecin, présence de pompiers/infirmiers urgentistes, mise à jour du Poste d’assistant cavalier (PAC - article 5.5 du règlement général des compétitions), etc.
- Référencement informatique des médecins, avec leur accord, qui officient en concours par départements/régions. “Ainsi, il sera possible de faire appel à eux suivant leurs disponibilités ou de leur proposer des temps d’échanges et de formation.”
- Réflexions pour mutualiser la prise en charge, de manière régionale ou nationale, des assurances des médecins, dont le coût peut être un frein important en fonction des statuts de chacun (médecins fonctionnaires, retraités, militaires et autres).
- Comme ce qui est proposé au niveau FEI, renseignement lors de l’engagement en compétitions nationales des coordonnées d’une personne présente sur place à contacter en cas d’accident.
- Recensement des données par la FFE à propos des chutes pour avoir une évaluation des risques la plus objective possible et mesurer leur évolution avec précision. Plusieurs représentants français participent aux travaux menés sur le sujet en collaboration avec la FEI.
- Implication des services fédéraux dans différents travaux sur l’évolution des éléments de sécurité (équipement du cavalier, du cheval, etc.).
4. Compétition de haut niveau. “La volonté de la Fédération est de redynamiser le Grand National FFE/AC Print. Les épreuves internationales françaises doivent s’intégrer dans un calendrier équilibré, en proposant les épreuves qualificatives nécessaires pour les cavaliers français”, argue la FFE.
- Aide à l’organisation par la FFE des organisateurs d’étapes du Grand National FFE/AC Print: 8.000 euros par organisateur. Chaque étape est également dotée par la Fédération de 7.000 euros pour les écuries en Pro Élite, 2.250 euros pour les Jeunes – soit 9.250 euros par étape en 2026. À cela s’ajoute la dotation pour le classement général du circuit de 40.000 euros. Enfin, pour chaque étape du Top 7, circuit fédéral pour les jeunes chevaux âgés de sept ans, une aide de 3.000 euros par étape est allouée. L’ensemble de l’accompagnement direct pour ces circuits représente un montant de 135.250 euros, auquel s’ajoutent la logistique et la communication proposées pour les trois disciplines olympiques.
- Faire évoluer le règlement du Grand National pour permettre aux organisateurs qui le souhaitent d’intégrer des épreuves internationales (ex: Pro Élite = CCI4*-S). “Tout en restant sur un circuit français calibré, ces épreuves permettent aux cavaliers français d’obtenir les qualifications nécessaires pour les grands championnats notamment, tout en marquant des points au classement mondial FEI.”
- Mise en place de conventions de partenariats avec les organisateurs de CCI 4* et 5*. Celles-ci permettent d’accompagner les organisateurs au niveau communication et organisation sportive.
- Création du circuit Amateur Gold Tour FFE/Forestier lors de chaque étape du Grand National, dans un premier temps. Il a pour but de proposer un circuit de qualité avec une grande finale de niveaux Amateur 1 et Amateur Élite. Il est doté d’une enveloppe globale de 22.000 euros de cadeaux.
- Identification de plusieurs pistes pour améliorer l’accueil des propriétaires en concours. “Sur le modèle des courses hippiques ou des concours anglo-saxons, l’objectif est d’améliorer leur reconnaissance au travers des annonces des speakers ou lors des remises des prix, mais aussi de leur dédier un espace d’accueil spécifique, en collaboration avec France Complet. Quant au staff fédéral, il proposera aux propriétaires qui le souhaitent des dîners communs afin d’échanger sur leurs ambitions sportives sur chaque étape du circuit fédéral.”
- Soutien à plusieurs cavaliers de haut niveau, de la FFE et de son Fonds de dotation ÉquiAction, qui cofinancent avec l’Agence nationale du Sport (ANS) des contrats de Sportif de Haut Niveau (SHN): rémunération sous forme de contrat de travail afin d’aider les sportifs, dont le revenu est inférieur à un certain revenu fiscal, à poursuivre leur carrière à haut niveau. Ainsi sécurisés financièrement, les athlètes se concentrent sur la performance. Pour la saison en cours, cela concerne sept cavaliers pour des contrats SHN portés par quatre Comités régionaux d’équitation différents: Normandie, Pays-de-la-Loire, Nouvelle-Aquitaine et Centre-Val de Loire. Le montant total de l’accompagnement est de 155.500 euros, dont 105.000 euros portés par l’ANS.
- Accompagnement par la FFE de la catégorie U25 afin de préparer les cavaliers de demain aux plus grandes échéances. Un stage a été proposé dès cet hiver et une équipe sera sélectionnée pour les championnats du monde U25 de Millstreet du 22 au 26 juillet. Ces cavaliers de vingt-cinq ans et moins ont également suivi cet hiver une formation portant sur la création et gestion d’entreprise pour les aider à structurer leur modèle économique pour une meilleure stabilité future.
5. Formation des officiels de compétition. “L’objectif est de faire monter en compétences les juges, notamment pour réduire les écarts de notation sur le test de dressage et les aguerrir aux situations imprévues et/ou difficiles sur les autres tests.”
- Modifications proposées par la commission fédérale concernant le tableau des qualifications minimales requises afin d’encourager la formation de nouveaux juges sur certains niveaux d’épreuves. Pour ne pas mettre en difficulté les nouveaux organisateurs, un seul juge est obligatoire pour les épreuves à moins de dix partants.
- Mise à jour du document “Devenez juge de CCE” en septembre 2026. Seront requis des niveaux minimaux de Galops, des évaluations pratiques pour monter de grade et des questionnaires à valider sur le Campus FFE pour renouveler chaque année son statut d’officiel.
- Création d’un dossier partagé hébergeant des vidéos de reprises de dressage et des cas pratiques rencontrés sur le terrain dans les trois tests, qui pourront alimenter l’ensemble des formations nationales et régionales.
- Mise à disposition d’une liste de formateurs disponibles pour intervenir lors des formations régionales, avec des contenus et supports harmonisés.
6. Calendrier sportif et championnats de France. L’organisation d’une compétition est une activité économique qui rentre dans un cadre réglementaire fédéral, mais qui ne peut ni être imposée, ni interdite. La nécessité d’harmonisation fondée sur la coopération de tous les organisateurs est donc indispensable, à tous les niveaux (départemental, régional, national).
- Intégration au Guide des organisateurs d’un récapitulatif de toutes les dates de limite de candidature ainsi que des réunions d’harmonisation et de validation. Des réunions d’harmonisation pour les épreuves internationales, mais aussi pour les épreuves nationales jusqu’aux niveaux Amateur 1 et Pro 3 avec les référents régionaux, sont désormais organisées tous les ans afin d’obtenir un calendrier harmonieux.
- Organisation d’un championnat de France Amateur sélectif, en fin de saison 2026 à Fontainebleau, qui comportera tous les niveaux d’épreuves de l’Amateur 4 à l’Amateur Élite. Quant au Critérium de France Amateur, c’est un championnat participatif qui se tient habituellement au mois de juillet au Mans.
- Réflexions en cours pour identifier et valoriser les cavaliers champions de France ainsi que les champions régionaux.
- Positionnement du championnat de France de derby-cross en avril pour clôturer la saison hivernale. L’édition 2026 se tiendra à Vernoil les 18 et 19 avril.
- Ajout d’une épreuve Club 2 individuelle à l’Open de France Generali, en plus de la Club 2 équipe. Création d’un championnat Poney 3CD Benjamin en complément du championnat Poney 3B Benjamin et déjà existant. Par ailleurs, un warm-up cross verra le jour avec un engagement jusqu’à la veille, afin de permettre à tous de s’initier à l’équitation d’extérieur lors de cette échéance multidisciplinaire.
7. Règlement. “L’objectif prioritaire reste de simplifier le règlement et de le rendre cohérent, tout en prenant en compte les évolutions de l’environnement. Le règlement 2026/2027 sera consultable en mode projet avant l’été afin de laisser un temps d’échanges et de retours avec les pratiquants si besoin d’ajustement.”
- Parmi les évolutions envisagées pour la rentrée prochaine, un nouveau format, plus accessible, pour les épreuves Poney 3 et Club 3: fusion des tests de dressage et de saut d’obstacles en un parcours simplifié, type NEP ou hunter, et retrait du chronomètre sur le cross. Celui-ci devient secondaire, avec seulement une fourchette large, inférieure et supérieure par rapport à un temps optimum, qui sera fixée.
- Évolution d’une partie des reprises de dressage Amateur et Pro , permettant une évolution progressive des cavaliers et chevaux entre les différents niveaux et en s’appuyant sur l’échelle de progression. Le niveau technique requis vise à mettre l’accent sur le fonctionnement juste du couple. Les reprises ont été légèrement raccourcies afin d’optimiser le déroulement des journées pour les organisateurs. Ce premier travail concerne les épreuves Amateur 4, Amateur 3, Amateur 2/As Jeunes 2, Amateur Élite/As Jeunes Élite (équivalent Pro 3), “avec la volonté de proposer des reprises attractives permettant à chacun d’identifier des pistes d’évolution”. Les protocoles des épreuves Pro suivantes ont également évolué, en s’adaptant notamment à certains textes de reprises FEI: Pro 3, Pro 2, “test olympique” applicable sur plusieurs étapes du Grand National FFE/AC Print. À noter que les reprises Club et Poney évolueront également à partir du 1er septembre 2026.
“La mise en place de ces différentes propositions se fera progressivement au cours des prochains mois. Les échanges vont également se poursuivre avec les différents acteurs de la discipline, qui peuvent toujours soumettre leurs idées auprès de la direction technique nationale et du staff fédéral. Une prochaine réunion de la commission fédérale de complet est programmée fin avril, avec une communication ultérieure sur l’avancée des travaux”, conclut la FFE.
L’ensemble des évolutions règlementaires sont consultables sur le règlement CCE 2026
