“J’aborde cette finale avec l’ambition d’obtenir un bon résultat”, Kevin Staut

Pilier de l’équipe de France depuis bientôt vingt ans, Kevin Staut s’appuiera sur sa fidèle Visconti du Telman pour la finale Longines de la Coupe du monde à partir de ce soir à Fort Worth, aux États-Unis. Le Normand n’en est pas à son coup d’essai avec cette jument, puisqu’ils participent là à leur quatrième finale consécutive. Ils restent sur une très belle troisième place à Bâle. L’ancien numéro un mondial, qui a fait le voyage au Texas avec Marc Dilasser, espère inscrire une nouvelle ligne de prestige à son palmarès.  



L’an passé à Bâle, vous avez obtenu le deuxième podium de votre carrière en finale de la Coupe du monde, terminant troisième avec Visconti du Telman (SF, Toulon x Dollar du Murier) comme en 2013 à Göteborg avec Silvana*HDC (KWPN, Corland x Widor). Cette année, vous êtes à nouveau au rendez-vous avec Visconti, pour votre quatorzième finale. Quel regard portez-vous sur sa saison hivernale et son état de forme, à dix-sept ans? 

Cette saison, j’ai essayé d’adopter une stratégie adaptée à son âge, même si Visconti est en pleine forme. L’an dernier, par exemple, j’avais alterné entre des concours extérieurs et intérieurs. Là, je me suis concentré uniquement sur la saison indoor. Depuis le début de l’année, elle a juste couru les CSI 5*-W de Bâle et Bordeaux, ainsi que le CSI 5* de Bois-le-Duc (où une faute les a privés du barrage dans le Grand Prix Rolex, ndlr). De mon côté, je suis vraiment content de participer à une nouvelle finale avec Visconti, que je connais bien. Il y a une différence entre un Grand Prix et une semaine d’épreuves dans un championnat, même individuel. Pour répéter les performances, pouvoir compter sur une monture que l’on connaît bien, qui est techniquement au point, c’est super agréable. Bien sûr, j’y vais avec l’ambition d’obtenir un résultat. Mais en vieillissant, entre aussi en ligne de compte le plaisir de vivre de bons moments en piste, de continuer à évoluer techniquement à ces hauteurs et d’avoir le sentiment de maîtrise après un parcours qui s’est bien déroulé. En tout cas, Visconti a été préservée en vue de cet objectif.  

Y a-t-il une pression particulière à faire aussi bien qu’en 2025? 

La pression dépend surtout de l’état d’esprit qu’on adopte. Est-ce que le fait de revenir, un an plus tard, avec le même cheval sur ce même format est une source de motivation? Ou au contraire, vaut-il mieux ne pas trop y penser, en se rappelant que chaque championnat raconte une histoire différente? Personnellement, je me situe plutôt dans cette seconde approche. Visconti a participé à plusieurs finales et une histoire différente s’est écrite à chaque fois: celle d’Omaha s’était correctement déroulée, puis nous avions été éliminés le premier jour à Riyad et nous avons terminé sur le podium l’an passé. 

Je suis juste content de participer à un nouveau championnat avec elle. C’est cela qui me motive, et j’essaie de limiter les comparaisons avec 2025, même si je souhaite obtenir un podium. Pratiquer ce sport à haut niveau est une satisfaction, tout comme performer, mais je trouve également agréable de sentir qu’on a réussi à préserver physiquement et mentalement le maximum du potentiel de son cheval. J’ai le sentiment que Visconti est encore meilleure saison après saison, ce qui est gratifiant pour Françoise Sanguinetti, sa propriétaire et naisseuse, et toute mon équipe, dont le travail a été super efficace. 

Quel est votre sentiment à l’idée de voir cette finale organisée au Texas? 

C’est chouette. J’aime bien l’idée d’aller au Texas, d’autant que j’adore les chapeaux de cow-boy et la série Yellowstone. J’ai eu la chance de visiter beaucoup d’endroits différents, et je suis toujours excité de découvrir des endroits que je ne connais pas du tout, ce qui est le cas ici.  

Vous êtes un fidèle parmi les fidèles à la Coupe du monde. Qu’est-ce qui vous motive à y participer? 

Je trouve que c’est un format assez lisible pour le public: un championnat du monde indoor, avec des étapes qualificatives et une finale qui regroupe les meilleurs de chaque zone géographique. Pour moi, c’est une bonne publicité pour notre sport. En ce moment, on voit énormément de circuits arriver, et il est difficile d’identifier lequel est le plus important pour un cavalier et d’arriver à cibler quelque chose d’autre que les grands championnats, dont les Jeux olympiques, pour expliquer au grand public ce qu’est une saison de concours. De plus, en Europe, nous avons de nombreuses étapes qui sont très agréables, chacune conservant son authenticité et son histoire. Je trouve cela formidable et c’est pourquoi je m’épanouis sur ce circuit-là. Nous avons de la chance de l’avoir. Plein de choses peuvent être améliorées dans notre sport, mais certaines vont très bien, et ce circuit Coupe du monde en fait partie. 

Cette année, vous serez deux Français en saut d’obstacles, avec Marc Dilasser, qui vivra son premier grand championnat… 

Marco et moi nous entendons très bien. C’est sa première finale, je sais qu’il est hyper excité et je trouve ça génial. Je suis très content de partager ce moment avec lui. 

Les résultats  

Toutes les épreuves du CHI-WF de Fort Worth sont retransmises en direct sur ClipMyHorse.tv, où celles de la finale Longines de la Coupe du monde de jumping seront commentées en direct par Kamel Boudra et Fabienne Daigneux. 



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