Des aires équestres repensées et des cavaliers conquis

Comme pour tout achat, et encore davantage pour tout chantier, les retours des clients sont vivement recherchés en amont de la signature d’un devis. Bouche-à-oreille, forums spécialisés, avis en ligne, toutes les sources sont consultées. Le secteur des aires équestres, dont la construction ne requiert pas de normes spécifiques, est particulièrement sujet à ce besoin d’anticiper au plus près les difficultés et les solutions proposées par les concepteurs spécialisés.



Il est toujours intéressant de s’enrichir des expériences passées pour envisager l’avenir plus sereinement, avec toutes les cartes en main. La construction et la rénovation des aires équestres, dont les coûts sont souvent élevés, ne dérogent pas à la règle, et savoir où les futurs sabots évolueront est une absolue priorité. Au-delà du simple achat de client à vendeur, les chantiers portant sur le terrassement des aires équestres constituent surtout un accord entre deux parties: le maître d’ouvrage du projet, qui est à l’initiative de l’évolution de sa structure, et le maître d’oeuvre, qui est nécessaire pour la mise en pratique grâce à ses compétences techniques. Plusieurs porteurs de projet ont accepté de nous faire part de leur retour d’expérience concernant la rénovation ou la création d’aires équestres, qu’il s’agisse de sols de carrières ou de paddocks avec, à la clé, une diversité de solutions trouvées.

Equiplus Sols Équestres - Equivallée/Haras national de Cluny, Saône-et-Loire.

Equiplus Sols Équestres - Equivallée/Haras national de Cluny, Saône-et-Loire.

© DR/Equivallée - Haras national de Cluny



Quand la subirrigation révolutionne les pratiques

Fibersoil - Écurie de la Colline, Moselle.

Fibersoil - Écurie de la Colline, Moselle.

© DR/Fibersoil

En 2020, le groupement Equivallée publie un appel d’offres concernant la construction d’une nouvelle piste sablée, en lieu et place d’un terrain en herbe. “Notre structure avait besoin d’une nouvelle piste (qui sont au nombre de sept, à ce jour, ndlr) pour se développer. Nous avions diffusé un appel pour sélectionner l’entreprise la plus qualifiée et offrant le meilleur rapport qualité/prix”, expose Erwan Boucher, directeur d’Equivallée - Haras national de Cluny. Groupement d’intérêt public (GIP) visant à promouvoir et à valoriser la filière équine, la structure comprend un centre de formation, un hippodrome, un centre équestre, un pôle événementiel et le Haras national de Cluny, le tout situé à l’ouest de l’axe Dijon/Lyon, en Saône-et-Loire. Le département de Saône-et-Loire, actionnaire majoritaire de ce GIP, a le statut de collectivité publique, qui nécessite le recours à un appel d’offres par marché à procédure adaptée (MAPA) si les travaux sont compris entre 40 000 euros HT et une fourchette de 140 000 euros HT à 5 404 000 euros HT selon les classes de marchés (fournitures ou services de l’État, des collectivités locales, etc.). Après délibérations, la proposition retenue a été celle de la société mosellane Equiplus Sols Équestres, notamment très active sur le secteur des pistes événementielles. “Le procédé de subirrigation avancé par Equiplus est idéal, car il colle parfaitement à nos attentes de haute qualité sportive”, explique le directeur du complexe. “La piste (100mx60m) a été réalisée en huit semaines et en amont de la saison de concours, ce qui n’a pas créé d’impact sur notre fonctionnement. L’accompagnement d’Arnaud Malgras (gérant d’Equiplus) et de ses équipes a joliment conclu ce premier chantier.”

Cinq ans plus tard, le département de Saône-et-Loire renouvelle un appel d’offres pour rénover une grande carrière (100mx70m) en sable non fibré arrosée par aspersion. “Le sol de la carrière ne correspondait plus assez à nos besoins, et en gérer la qualité technique devenait compliqué. En outre, les épisodes pluvieux en amont ou durant les concours impactaient fortement le nombre de non-partants, car le sol ne drainait pas assez. Ce fut encore Equiplus qui remporta le marché; la nouvelle carrière a été livrée en février 2026”, poursuit Erwan Boucher. “Nous sommes très satisfaits de ces deux pistes et nous savons que nous pouvons compter sur un membre de l’équipe Equiplus à tout moment pour la moindre question de réglage ou d’entretien. Lors de nos plus grands événements sportifs (étape du Grand National, CSI 2*, championnat de France, etc.), une personne de l’équipe vient d’ailleurs sur place. Chevaux et cavaliers apprécient beaucoup ces nouvelles pistes, qui leur conviennent tant pour leur technicité que pour le confort apporté… Presque un peu trop d’ailleurs, aux dires de l’un de nos chefs de piste! (Sourire) En 2021, lors de notre premier concours sur la nouvelle piste, le nombre de sans-faute l’a surpris, car les chevaux avaient visiblement de bien meilleurs appuis! Ils sont beaucoup moins mis à l’effort, la météo n’altère plus la qualité des sols et, de plus, nous réduisons considérablement notre consommation d’eau: il n’y a que des avantages”, achève le directeur d’Equivallée - Haras national de Cluny. 

“Jusqu’alors, notre structure avait une carrière (20mx60m) en morceaux de textile. Confortable au demeurant, elle fut très vite inutilisable, car la friction des morceaux lors du passage des chevaux créait une forte électricité statique, si bien que tout le monde se prenait des petites décharges électriques, notamment quand les cavaliers caressaient leurs chevaux, touchaient leurs rênes, etc. (l’électricité statique correspond à une friction répétée qui déséquilibre les charges électriques entre les atomes, si bien que le moindre contact avec une autre matière entraîne un brutal passage d’électrons qui s’entend et se ressent plutôt douloureusement, ndlr), relate Roger Greff, fondateur et gérant avec son épouse Caroline de l’écurie de la Colline, sise à Cadenbronn, à dix minutes de route à l’ouest de Sarreguemines, en Moselle. La construction d’une carrière en subirrigation fut rapidement la solution recherchée. 

Après plusieurs devis établis en ligne avec différents constructeurs, le gérant de l’écurie de propriétaires se tourne vers un concepteur qui lui propose d’abord un kit de subirrigation, autrement dit l’achat du matériel sans avoir recours à une main-d’oeuvre extérieure, pour réduire le budget. “Aimery Gregori, le gérant de Fibersoil, l’entreprise sélectionnée, m’a proposé de superviser le travail pour alléger le coût, mais j’ai vite compris que la pose était hors de mes compétences et, de surcroît, qu’il fallait que ce soit directement impeccable. Nous avons ainsi investi dans le service complet. Le chantier a débuté début février 2025 et tout s’est passé très vite; en cinq jours, la carrière était prête!” 

Après plusieurs mois, le couple gérant de l’écurie réfléchit à rénover également son manège, de mêmes dimensions que la carrière. “Le sol du manège était vraiment vieillissant et nécessitait une rénovation. Repartir sur un arrosage par aspersion ne me donnait plus du tout envie. Nous avons opté de nouveau pour une forme de subirrigation et, à l’instar du chantier de la carrière, cela n’a duré que quelques jours, avec peu d’encombrements de matériel sur place, qui plus est. Le résultat est impeccable! L’échange avec Aimery fut fluide et très agréable. Lorsqu’il m’a rapporté que son entreprise passait régulièrement dans la région, j’en ai profité pour lui confier également l’entretien annuel de mes aires équestres. La charge mentale a nettement diminué, et l’écurie n’a jamais été aussi jolie et fonctionnelle!”

ÉCOÉCURIE - Haras du Casse, Ille-et-Vilaine.

ÉCOÉCURIE - Haras du Casse, Ille-et-Vilaine.

© DR/ÉCOÉCURIE



Les dalles de stabilisation pour le confort des sols de travail

Valisol - Écurie Ferrer Devèze, Haute-Loire.

Valisol - Écurie Ferrer Devèze, Haute-Loire.

© ÉCOÉCURIE - Haras du Casse, Ille-et-Vilaine.

“Notre structure, auparavant une exploitation agricole, a pris un tournant équestre en 1992. En trente ans, les moeurs ont bien changé, notamment au niveau des aires équestres”, entreprend Christophe Guihard, propriétaire et gérant du haras du Casse, établi à Pacé, à vingt minutes au nord-ouest de Rennes, en Ille-et-Vilaine. Le haras loge une cinquantaine de pensionnaires, répartis entre une quarantaine de boxes et des prés. “Nous comptons quatre pistes dans notre écurie de propriétaires, deux manèges et deux carrières; hormis la grande carrière, toutes ces aires de travail sont désormais sous dalles de stabilisation depuis 2022. Les paddocks sont restés en sol naturel, car ils sont bien porteurs et qu’il n’y a pas de remontée de cailloux, mais ils sont toutefois entretenus et leurs quelques adventices sont régulièrement gyrobroyés.” 

Les sols ensablés, bien entretenus jusqu’alors, ont toutefois fini par demander une évolution en termes de confort et de rebond. “La subirrigation était très tentante, mais hors de notre budget. Étant donné que les économies d’eau vont devenir de plus en plus systématiques, il était nécessaire de trouver une solution permettant d’avoir un sol qui se tienne malgré une absence de saturation d’eau permanente. Le confort apporté par des dalles de stabilisation posées sur le fond de forme nous a paru être le parfait équilibre entre budget, mise en place et ressenti sous les sabots.”

Pour cela, le haras du Casse s’est tourné vers ÉCOÉCURIE, marque du groupe ÉCOVÉGETAL. “C’est une société française que j’avais repérée également pour la qualité de ses projets d’aménagements urbains ou hors équestres, et dont l’accompagnement avec les clients a été très apprécié. Nous avons acheté les dalles Ecoraster, à poser nous-mêmes; on sent bien l’absorption du poids quand on marche dessus, sans que cela ne vienne déformer le fond de forme, ce qui est parfait, notamment pour les abords des sauts”, souligne Christophe Guihard. “Le sol était bien préparé et nous nous y sommes mis à plusieurs, si bien que la pose s’est faite rapidement et sans problème. La couche de travail est en sable fibré, ce qui ajoute un supplément de retenue d’eau. L’arrosage se fait actuellement par aspersion, via une citerne tractée. Au final, nous avons un sol sportif très agréable, portant et rebondissant, sans que les foulées au galop ne fassent de bruit. Les traces des sabots sont bien dessinées sur le sol, ni profondes, ni superficielles. Tout est parfait!”, conclut le gérant du haras du Casse.



Les dalles pour le drainage des aires de repos

“En tant que technicienne dentaire équin, je visite un grand nombre de structures équestres et j’ai ainsi pu collecter un large panel de retours sur la façon de drainer et stabiliser (ou non) les aires de repos. Une mauvaise préparation ou un mauvais choix de dalles devient vite catastrophique, car récupérer un sous-sol déprécié ou juste enlever des dalles embourbées est coûteux sur tous les plans: prix, temps, énergie. Passer directement par une stabilisation de haute qualité était, de fait, nécessaire à nos yeux”, souligne Ana Ferrer Devèze, qui a repris en 2025 la direction d’un centre équestre avec son époux, Guilhem Devèze. 

“Lorsque nous avons souhaité réorganiser l’écurie pour un logement équin 100% en extérieur, notre priorité a été la stabilisation du sol, qui commence par le terrassement. Nous prévoyions le passage d’engins lourds pour le curage mécanique, donc il fallait une grande portance. Nous sommes, en plus, dans une zone particulièrement humide, proche du Puy-en-Velay, en Haute-Loire.” Les travaux se sont faits en deux temps: une première zone de dix paddocks en 2025, puis une nouvelle écurie active (distributeurs automatiques, zones de confort et de roulage, etc.) en mars 2026. “La première zone a été couverte l’été dernier sur environ 1 700 m². Les excavations/déblais/remblais en amont ont été effectués par une entreprise extérieure de terrassier. Étant donné l’extrême humidité du secteur, nous avons fait empierrer l’espace sur 30cm de hauteur, puis nous avons ajouté une couche de grave de granulométrie 0/31,5 et, enfin, avons posé les dalles nous-mêmes. C’est facile à partir du moment où le sol est bien préparé!” 

L’écurie Ferrer Devèze s’est tournée vers l’entreprise normande Valisol pour l’achat des dalles stabilisatrices en PVC, dont les modèles pèsent entre 20kg et 25kg. “Nous avons choisi un modèle alvéolé afin d’y apporter un remplissage confortable. Sans ce dernier, je trouve que les chevaux peuvent s’user le poil lors des roulades. Nous avons sélectionné un sable de pouzzolane, une roche volcanique légère, poreuse et très drainante, que nous avons la chance d’avoir localement. L’enlèvement des crottins y est bien plus facile que sur du sable. En passant matin et soir, nous retirons les crottins des dix chevaux en moins de quarante minutes pour chaque session. Nous en sommes pleinement satisfaits! D’ailleurs, nous avons repris ce même système et les mêmes dalles Valisol pour la suite du projet, notre écurie active sur 2 500 m2 stabilisés.” 

“Nous avions le souhait de passer notre élevage vers un système d’écurie active, orienté vers le bien-être des chevaux. La difficulté pour ce projet a été l’adaptation au terrain et à la place disponible. La construction de structures n’était pas un problème”, évoque Didier Bouchet, dirigeant de l’entreprise Bouchet Construction Métallique, spécialisée dans la fabrication de bâtiments agricoles et industriels. “Étant donné que nous avions acheté un distributeur d’aliments concentrés (DAC, système de distribution automatisé et individualisé, ndlr) à ÉCOÉCURIE, nous nous sommes aussi intéressés à leur système de dalles stabilisatrices pour certaines aires d’activités.” Les dalles Ecoraster proposées par ÉCOÉCURIE sont installées dans les deux paddocks d’hiver et aux abords d’une rivière où les chevaux peuvent s’abreuver. “Ces dalles sont idéales pour la tenue du sol et la gestion de l’humidité. Le reste du paddock a été terrassé plus classiquement – fond de forme, puis couche de drainage et fine couche de finition. Cette circulation est utilisée par les chevaux, mais également les engins agricoles. Le rendu est légèrement râpeux, ce qui est parfait pour l’entretien des sabots”, poursuit Lucille Bouchet, cogérante avec son père Didier de l’élevage du Corty, situé à Pringy, à dix minutes au nord d’Annecy, en Haute-Savoie. “Avec quarante chevaux, les crottins sont nombreux au niveau des zones d’affouragement. Pour le curage, nous avons choisi de cercler les râteliers par de l’enrobé afin de trouver un compromis entre la durabilité de la zone et la réduction du temps de nettoyage via une lame poussée par un tracteur. Les dalles n’étaient pas adaptées à ce mode de curage, car la lame les aurait endommagées trop rapidement (les dalles Ecoraster acceptent néanmoins les méthodes classiques de curage mécanique, ndlr). L’accompagnement de l’ingénieure de l’équipe a été un bon soutien pour ce projet. Nous sommes plus que ravis de ce changement en écurie active, et les poulains et les poulinières n’ont jamais été aussi éclatants de santé. Tout est plus simple, plus calme et plus rapide à l’entretien.”

ÉCOÉCURIE - Écurie active du Clos de la Motte, Maine-et-Loire.

ÉCOÉCURIE - Écurie active du Clos de la Motte, Maine-et-Loire.

© André-Marie Dutrieux/ÉCOÉCURIE



Quand le concepteur de sol livre et entretient un projet clé en main

“Je travaillais à l’époque pour un grand haras polyvalent, en Seine-et-Marne. Sur cinquante-cinq hectares, nous avions un pôle élevage et un centre d’entraînement de chevaux Pur-sang Arabes (de spectacle, d’endurance et de course). Il y a seize ans, les infrastructures – qui étaient anciennement des écuries de course de Trotteurs – étaient trop réduites pour les besoins de la nouvelle direction. Lorsqu’il a fallu prospecter un maître d’oeuvre pour développer l’ensemble, j’avais déjà repéré une entreprise d’aménagements équestres francilienne, Environnement Équestre, qui avait obtenu de beaux résultats sur les écuries environnantes. Édouard Seynhaeve (cogérant de l’entreprise avec son épouse Alexia, ndlr) a pris le temps de m’emmener voir les réalisations qu’il avait faites, afin que je puisse choisir et optimiser au mieux le projet de l’écurie”, se remémore Agathe Carrière, désormais à la tête du haras de la Briouse, une écurie de propriétaires aux portes de Poitiers, dans la Vienne. “Il s’agissait ici de créer une large structure comportant un barn fait de grandes stabulations compartimentées, des aires de repos, des pistes extérieures et des pâturages.” 

Également francilienne, plus précisément Val-d’Oisienne, la société Environnement Équestre prend en charge la totalité du projet. “J’ai beaucoup apprécié le fait que les gérants soient si enthousiastes et très appliqués à trouver des solutions adaptées à notre projet, qui n’était pas si simple puisqu’il s’agissait de combiner les logements des cent cinquante chevaux présents sur le site, qui avaient tous des besoins différents puisqu’il y avait des poulinières gestantes ou suitées, des yearlings, des chevaux de course, etc.” Le terrain étant majoritairement glaiseux, le travail de portance a dû être particulièrement soigné. “Les paddocks ont été surélevés et bordés de fossés d’écoulement. Le terrassement a été classique.” Les paddocks donnaient la possibilité de poursuivre vers un accès aux pâturages, vers lesquels le trop-plein d’eau s’écoulait. Les crottins étaient enlevés quotidiennement par aspirateur. “Durant huit ans, Environnement Équestre a géré l’entretien de toutes les aires équestres (paddocks, marcheur, pistes de galop, pistes d’entraînement, carrières), ainsi que des pâturages (réensemencent, engrais, etc.). Lorsque j’ai quitté ce haras pour diriger ma structure à Poitiers, je n’étais plus vraiment dans la localisation préférentielle d’actions de la société. Néanmoins, j’ai proposé à Édouard Seynhaeve d’être mon assistant à maîtrise d’ouvrage pour mon projet, car cette longue collaboration a été fructueuse, et je m’en réjouis”, achève Agathe Carrière.

Environnement Équestre - Écurie privée, Seine-et-Marne.

Environnement Équestre - Écurie privée, Seine-et-Marne.

© DR/Environnement Equestre