“Notre métier consiste avant tout à former des chevaux”, Eliott Deuquet
Sacré champion de France Pro 2 au Printemps des sports équestres de Fontainebleau il y a un peu plus de deux semaines, Eliott Deuquet a décroché ce titre avec Gao, un produit de l’élevage de Nantuel, fondé par son grand-père. Partageant son temps entre la gestion de cet élevage, où il opère avec son frère et sa mère, la valorisation des produits qui en sont issus et une activité de coaching, le jeune trentenaire espère bien réussir de bonnes choses lors de la Grande Semaine bellifontaine, en septembre prochain. Entre temps, il aura franchi une grande étape dans sa vie personnelle: celle de devenir père.
Devenu champion de France Pro 2 au Printemps des sports équestres de Fontainebleau il y a un peu plus de deux semaines avec Gao Nantuel, né au sein de l’élevage qu’il gère avec son frère, Arthur, et sa mère, Marie-Laure, Eliott Deuquet savoure ce sacre tout en conservant un certain recul. “Je ne pense pas que qu’il s’agisse un tournant majeur dans ma carrière. C’est surtout une belle satisfaction personnelle car je n’avais jamais été sacré champion de France dans quelque catégorie que ce soit”, expliquecelui qui avait tout de même de vraies ambitions en abordant cette échéance. “Prendre le départ en espérant gagner aurait été trop présomptueux, mais j’avais pour objectif d’atteindre le Top huit. Je savais que j’avais un bon cheval, régulier et respectueux, donc je devais avant tout bien le monter.”
Fils d’Ogrion des Champs et d’Olita de la Luth par Nidor Platière, Gao a fait ses classes sous la selle d’Eliott sur le Cycle classique de la Société hippique française (SHF) à cinq ans. Le Berrichon a ensuite continué à le monter en alternance avec sa propriétaire, Sydney Masters. De 2023 à 2025, le hongre a quasiment exclusivement concouru avec cette dernière. “Elle me l’a de nouveau confié en début d’année pour le remettre en piste, et finalement, nous avons poursuivi jusqu’au championnat et ce titre”, sourit Eliott Deuquet, ravi d’avoir pu vivre cette belle aventure sportive au milieu d’une saison majoritairement consacrée à la formation et la valorisation des jeunes montures de l’élevage familial.
Entre valorisation, coaching et élevage
“Ces prochains mois, mon objectif principal sera de faire progresser mes chevaux de cinq et six ans”, expose-t-il. “Pour eux, la Grande Semaine de Fontainebleau reste un rendez-vous majeur, qui constitue une belle vitrine pour l’élevage français. Je dispose aussi de bons chevaux de sept et huit ans, dont Jersey de Nantuel, avec qui j’aimerais être performant lors du championnat de France des sept ans à Fontainebleau en septembre, ou encore Ice Cream de Nantuel, un cheval de huit ans que je souhaite amener progressivement vers les épreuves à 1,45m. L’idée est toujours de respecter leur évolution sans brûler d’étapes.” Quant à ses ambitions sportives à proprement parler, Eliott reste réaliste?: “Notre métier principal reste la formation de nos chevaux en vue de leur vente. Parfois, nous les gardons jusqu’à huit, neuf ou dix ans, ce qui permet de viser un peu plus haut, mais ce n’est pas toujours le cas.”
En parallèle de la valorisation de ses chevaux, le nouveau champion de France Pro 2 entraîne aussi des cavaliers. “C’est une vraie satisfaction de voir mes élèves progresser et atteindre un bon niveau”, dit-il. “Le coaching offre une autre lecture du sport: on devient observateur, on analyse différemment le cheval et la performance. Aujourd’hui, ma priorité reste de monter. J’ai encore de nombreuses années devant moi en tant que cavalier. Le coaching est une passion complémentaire, mais ce n’est pas mon activité principale”, détaille celui qui est également très impliqué dans l’élevage fondé par son grand-père, Jacques Gouin. “Nous l’avons repris en 2020 et c’est devenu une véritable passion”, se réjouit-il. “Nous nous intéressons beaucoup à la génétique et aux lignées. Même si nous ne pouvons pas être présents en permanence, nous travaillons avec une équipe solide, ce qui est essentiel pour nous.”
Eliott Deuquet décroche le titre de Champion de France Pro 2 à Fontainebleau, en avril dernier
© PSV Morel/FFE
“J’ai arrêté l’équitation pendant plusieurs années pour me consacrer au rugby”
Né au sein d’une famille très impliquée dans le monde du cheval, puisque son père, Christophe, était également cavalier, Eliott ne s’est pourtant pas dirigé vers la même carrière dès son enfance. “J’ai arrêté l’équitation pendant plusieurs années pour me consacrer au rugby, que j’ai pratiqué longtemps”, explique-t-il. “Vers dix-huit ou dix-neufans, cependant, j’ai fait le choix de m’orienter professionnellement vers le monde équestre. C’est principalement en travaillant chez Christian Hermon que j’ai compris qu’il s’agissait vraiment de ce que je voulais faire professionnellement. J’ai également passé un BTS comptabilité et gestion pour acquérir des bases.”
Sur un plan personnel, Eliott Deuquet s’apprête à passer une grande étape au début de l’été en devenant père pour la première fois. “C’est un événement très important etune décision que nous avons mûrement réfléchie avec ma compagne. Je ne sais pas si mon enfant suivra ma voie, mais je ne lui imposerai rien. Il fera ce qu’il aime”, confie-t-il.
