“Prendre part aux Mondiaux d’Aix-la-Chapelle serait un grand privilège”, Daniel Deusser
Parmi les moments forts de la carrière de Daniel Deusser figurent la médaille de bronze par équipes aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro en 2016, une victoire en finale de la Coupe du monde en 2014, ou encore de prestigieuses victoires individuelles dans les Grands Prix de Calgary et Bois-le-Duc. De grandes pages de son histoire se sont aussi écrites sur la mythique piste d’Aix-la-Chapelle, où il s’est paré d’argent par équipes aux Européens de 2015, et où il a surtout soulevé le trophée lors du Grand Prix, en 2021. En août, l’Allemand de quarante-quatre ans espère briller à nouveau dans le parc de la Soers, à l’occasion des championnats du monde. Il évoque ses objectifs avec son meilleur atout, Otello de Guldenboom.
Vous souvenez-vous de votre réaction en apprenant en novembre 2023 que les championnats du monde FEI 2026 se tiendraient à Aix-la-Chapelle?
J’étais absolument ravi. Aix-la-Chapelle est un site qui réunit tous les atouts pour accueillir un tel événement. Tout ce dont nous pourrions avoir besoin est à portée de main, tant pour les chevaux que pour les cavaliers. Chaque année, nous assistons ici à un concours magnifique et je suis convaincu que les championnats vont se dérouler dans des conditions tout aussi optimales.
Il ne reste qu’un peu plus de deux mois et demi avant le coup d’envoi des championnats du monde. S’agit-il de l’un de vos objectifs ultimes?
Tout à fait, il s’agit d’un objectif majeur. Prendre part aux Mondiaux d’Aix-la-Chapelle serait un grand privilège. Bien sûr, d’ici là, nous devons encore faire nos preuves pour mériter notre place dans l’équipe. Otello (de Guldenboom, ndlr) a obtenu de très bons classements lors de la dernière saison et a livré une performance impressionnante lors de la finale de la Coupe du monde (conclue au deuxième rang, ndlr). L’année dernière à Aix-la-Chapelle, il est resté totalement imperturbable face à l’ambiance unique et au cadre impressionnant. S’il confirme de telles performances cette saison et que nous parvenons à obtenir plusieurs bons résultats tout au long de l’année, les championnats du monde deviendront très certainement l’un de mes principaux objectifs.
À quel point avez-vous hâte d’y être?
Je suis vraiment impatient, que j’obtienne une sélection ou non. Un championnat organisé chez soi est toujours un événement particulier. Et quand il se déroule à Aix-la-Chapelle, dans ce site de renommée mondiale, on peut être sûr que ce sera un championnat grandiose. Les attentes sont grandes, mais Aix-la-Chapelle a prouvé à maintes reprises par le passé que cet endroit était tout à fait capable d’accueillir des événements d’un tel niveau.
Comment préparez-vous Otello de Guldenboom pour cette échéance?
Pour l’instant, je ne modifie pas réellement son entraînement à l’approche des championnats du monde. Otello est un cheval doté d’une excellente endurance et qui se débrouille aussi bien sur les terrains en gazon que sur ceux en sable. Mon entraînement quotidien vise principalement à le garder mentalement en forme afin que son envie reste intacte et qu’il soit motivé. Bien sûr, je le monte régulièrement sur des terrains en herbe, je travaille à améliorer sa souplesse et je l’emmène parfois sur la piste de galop. Dans l’ensemble, j’essaie de varier autant que possible ce qu’il fait au quotidien, ce qui est extrêmement important pour un cheval comme lui.
“Très peu de sites sont capables d’accueillir six disciplines”
L’une des particularités des championnats du monde FEI d’Aix-la-Chapelle 2026 est que les six disciplines se dérouleront sur un seul et même site. Selon vous, que cela signifie-t-il pour les sports équestres?
C’est en réalité assez rare dans notre sport, car il ne reste aujourd’hui que très peu de sites capables d’accueillir les six disciplines (dressage, saut d’obstacles, concours complet, voltige, attelage et para-dressage, ndlr) simultanément. C’est précisément pour cette raison qu’il est extrêmement important qu’un organisateur parvienne à rendre cela possible. Cela rassemble beaucoup plus de monde, permet à des disciplines très différentes de se côtoyer et crée une ambiance unique et conviviale. Cela envoie un signal fort pour l’ensemble des sports équestres.
En quoi l’atmosphère d’Aix-la-Chapelle est-elle si particulière?
D’une part, il y a bien sûr le nombre incroyable de spectateurs qui se retrouvent à Aix-la-Chapelle (le stade principal peut accueillir 40,000 personnes, ndlr). Et puis, il y a aussi le fait que les spectateurs peuvent observer plusieurs disciplines au même endroit (chaque année, le CHIO accueille des épreuves de jumping, complet, dressage, voltige et attelage, ndlr). D’habitude, il faut se déplacer pour voir différentes disciplines, parfois même aller dans d’autres villes ou d’autres pays. À Aix-la-Chapelle, on peut assister à des épreuves de saut d’obstacles un jour et à du dressage, du concours complet ou une autre discipline le lendemain. Le tout, en faisant seulement quelques pas?! C’est un énorme avantage, non seulement pour les spectateurs, mais aussi pour les organisateurs et les cavaliers. Une telle concentration de sport, d’émotions et de spectateurs est particulièrement rare.
Vous souvenez-vous des Jeux équestres mondiaux de 2006 à Aix-la-Chapelle?
Malheureusement, je n’ai pu les suivre qu’à la télévision, je n’y participais pas moi-même à l’époque. Le format était encore assez différent, mais je me souviens très bien d’avoir regardé cette légendaire épreuve finale, lors de laquelle les cavaliers devaient échanger leurs chevaux (jusqu’en 2014, lors de la finale individuelle, les quatre meilleurs cavaliers échangeaient leurs chevaux lors d’une tournante, afin de déterminer la couleur des médailles, ndlr). L’ambiance, les images d’un stade bondé, l’effervescence pure, tout cela était palpable, même à travers l’écran. Si nous parvenons à recréer une ambiance tout aussi exceptionnelle à Aix-la-Chapelle en 2026, ces championnats du monde resteront longtemps dans les mémoires du monde équestre.
