Piliers de la voltige allemande, Kathrin Meyer et Thommy Brüsewitz clôtureront leur carrière aux Mondiaux

Ils ont choisi Aix-la-Chapelle pour leur ultime tour de piste. Icônes de la voltige allemande Kathrin Meyer et Thommy Brüsewitz prendront part à leur ultime compétition lors des Mondiaux d’Aix-la-Chapelle du 13 au 16 août. Kathrin Meyer s’est déjà imposée à deux reprises sur cette piste et est devenue la première femme voltigeuse de l’histoire à remporter trois finales de la Coupe du monde consécutives. De son côté, Thommy Brüsewitz détient le record du plus grand nombre de victoires au “Prix de la Sparkasse” lors du CHIO d’Aix-la-Chapelle. Les deux athlètes se rendront aux championnats du monde accompagnés de leur entraîneur national Kai Vorberg. Dans un entretien croisé, ils évoquent ce que représente cette ultime échéance.



Qu’est-ce qui rend ces championnats du monde si particuliers à vos yeux, d’autant plus qu'il s’agit d’une compétition organisée à domicile ? Quelles sont vos attentes ?

Kathrin Meyer : Venir à Aix-la-Chapelle et pouvoir y concourir est chaque année un moment très spécial. Cette fois-ci, nous serons aux côtés de toutes les autres disciplines, ce qui crée une ambiance totalement différente et nous permet de tisser des liens encore plus étroits avec les autres athlètes. De plus, les conditions sur le site du concours d’Aix-la-Chapelle sont tout simplement parfaites, ce qui promet une expérience extraordinaire.

Thommy Brüsewitz : Je suis tout à fait d’accord. Des championnats du monde à domicile, d'autant plus organisés par des équipes que j’apprécie, représentent quelque chose d’extrêmement spécial que nous attendons tous avec impatience. Cela fait plus de dix ans qu’aucun championnat n’a eu lieu en Allemagne, ce qui explique pourquoi tous les voltigeurs en rêvent. J’espère que nous pourrons représenter notre sport sous son meilleur jour. La voltige est un sport qui sait véritablement captiver le public, et nous souhaitons justement transmettre cette fascination au plus grand nombre. L’objectif est de montrer de quoi nous sommes capables, mais aussi à quel point nous aimons ce sport.

Thommy Brüsewitz, vous avez pris part aux championnats d’Europe de 2015 à Aix-la-Chapelle. Quel souvenir en gardez-vous ?

Thommy Brüsewitz : L’ambiance était incroyable en 2015. Nous étions portés jusqu’au cercle, il y avait une mer de drapeaux allemands et le décor était tout simplement magnifique. Entrer en piste était vraiment grisant. Honnêtement, rien de ce qui s’est passé les années suivantes n’a jamais vraiment égalé ce moment-là. J'espère qu’il y aura à nouveau une foule nombreuse agitant des drapeaux allemands pour nous.

Vous avez tous deux déjà gagné des épreuves à Aix-la-Chapelle. Quels sont vos objectifs pour les championnats du monde ?

Kathrin Meyer : Mon objectif est clairement de figurer parmi les meilleures. La concurrence est rude mais nous sommes bien préparés et nous ferons tout notre possible pour reproduire en compétition la qualité de nos prestations à l’entraînement. Cela vaut particulièrement pour mon programme de Libre qui incarne une dimension très particulière pour moi, à l’approche de ma retraite sportive. Il vise à retracer tout mon parcours, ainsi que les personnes et chevaux qui m’ont soutenue tout au long de ce chemin. Ce sera sans aucun doute un moment chargé d’émotion.

Thommy Brüsewitz : Avant tout, je veux en profiter. Je suis tellement reconnaissant pour tout ce parcours et je veux prendre le temps d’apprécier pleinement tout ce que j’ai vécu ces dernières années. C’est un immense honneur pour moi de pouvoir y participer. J’ai l’intention de savourer chaque instant, qu’il soit bon ou mauvais. Bien sûr, sur le plan sportif, je ferai de mon mieux, même si c’est toujours ce que nous cherchons à faire. Après de longues carrières couronnées de succès, ces championnats du monde seront les derniers pour vous deux. 

Cela ajoute-t-il de la pression ou, au contraire, une motivation supplémentaire pour tout donner une dernière fois ?

Kathrin Meyer : Je dirais que la pression est clairement différente cette année. Entre les championnats du monde, la compétition à domicile et nos derniers grands championnats, plusieurs facteurs entrent en jeu. Mais j’ai vraiment hâte d’y être. Avec Gesa et Capi à mes côtés, ce sera un moment très spécial, quoi qu’il arrive.

Thommy Brüsewitz : J’ai essayé de ne pas trop y penser, mais ces derniers temps, j'ai eu du mal à m'en empêcher (rires). Je n’arrive pas à me sortir de la tête cette question : “Qu'est-ce que je vais faire, au juste, quand tout ça sera fini ?” J'ai un peu peur de me retrouver dans le vide. Cela me préoccupe, bien sûr, mais je ne me laisse pas envahir par cette pensée. Pour être honnête, je suis surtout extrêmement reconnaissant d’avoir la chance de vivre tout ça.