La solidarité s’organise au sein du monde équestre pour faire face aux incendies en forêt de Fontainebleau
Depuis samedi après-midi, des incendies ravagent la forêt de Fontainebleau, qui abrite de nombreuses structures équestres. Ayant servi de refuge à une partie des équidés délogés, le stade équestre du Grand Parquet a, à son tour, dû être évacué cet après-midi. Face à cette situation, la solidarité s’organise pour mettre les chevaux en sécurité.
La région bellifontaine étant dense en structures équestres, les incendies qui y font rage depuis samedi ont conduit à l’évacuation de nombreux chevaux. Hier, le site emblématique du Grand Parquet avait ouvert grand ses portes aux équidés qui avaient dû quitter leurs écuries habituelles en raison du gigantesque feu faisant rage dans le secteur de Noisy-sur-École, Achères-la-Forêt et du Vaudoué, quelques kilomètres à l’ouest de Fontainebleau. Selon la préfecture de Seine-et-Marne, cet incendie, qui avait déjà parcouru 800 hectares de forêt à 1h30 dans la nuit de dimanche à lundi, en avait ravagé 1200 à 22h ce lundi et n’était toujours pas fixé.
Malheureusement, dans l’après-midi, un autre départ de feu a eu lieu bien plus près de la ville de Fontainebleau, entre le lieu-dit de La Faisanderie et le Grand Parquet. À la mise à jour de 22h, il avait déjà parcouru 120 hectares et n’était pas non plus contrôlé. Il a contraint à l’évacuation du Grand Parquet, qui abritait alors deux cents chevaux hébergés en urgence. Si la solidarité entre les équitants de Seine-et-Marne et des départements limitrophe avait déjà commencé à porter ses fruits pour replacer des chevaux dès le début de ces incendies dramatiques, elle s’est très vite organisée pour permettre d’apporter les moyens nécessaires à une évacuation rapide des équidés. Afin de la réaliser de la manière la plus fluide possible, la route départementale reliant le centre-ville de Fontainebleau au Grand Parquet avait été coupée, et tous les chevaux présents ont pu être évacués et replacés “grâce à un élan de solidarité de toutes parts”, peut-on lire sur la page Facebook du site équestre. “Les chevaux ont tous été mis à l’abri en divers lieux providentiels, proposés généreusement par une communauté d’aidants.” “Nous étions sur place avec mon fils, Baptiste, et cela m’a fait chaud au cœur de voir qu’il y avait pour ainsi dire presque plus de places disponibles dans des camions ou des vans amenés sur place que de chevaux à faire partir”, illustre ainsi Édouard Coupérie, sélectionneur national des Bleus du saut d’obstacles et installé aux écuries du Grand Veneur, au nord de Barbizon, soit à dix kilomètres au nord-ouest du Grand Parquet. “Chez nous, pour l’instant, ça va, mais nous restons très vigilants, notamment aux éventuels changements de direction du vent.” Olivier Bost, dont les écuries se situent de l’autre côté de Barbizon, un peu plus près donc des foyers d’incendie, a confirmé à GRANDPRIX tard ce lundi soir que chez lui aussi, tout était “ok pour le moment”, même si le sélectionneur des Jeunes du jumping et frère du champion olympique par équipes Roger-Yves Bost est évidemment “très stressé pour [ses] amis en difficulté.”
En plus d’avoir mis à disposition des camions pour l’évacuation du Grand Parquet, l’autre champion olympique par équipes francilien de 2016, Philippe Rozier, accueille des chevaux dans ses écuries de Bois-le-Roi. “Hier soir, j’ai accueilli ma cousine, Sylvie Parrot, avec quatorze chevaux, car elle est installée très près du feu, à Arbonne-la-Forêt”, explique l’ancien cavalier de Rahotep de Toscane. “Il nous restait une dizaine de boxes libres, qui sont occupés par d’autres cavaliers depuis aujourd’hui. Pour l’instant, nous sommes épargnés, puisque les feux se trouvent de l’autre côté de Fontainebleau, et j’espère que cela restera ainsi.” Sur les réseaux sociaux, de très nombreuses écuries situées plus ou moins loin de la zone évacuée ont fait part de leurs possibilités d’hébergement pour les chevaux délogés, et bien des équitants ont également proposé leur aide pour transporter les équidés ou même apporter leur aide afin d’organiser leur départ. Au milieu de l’après-midi, le Comité régional d’équitation d’Île-de-France (CREIF) a mis sur pied un groupe WhatsApp pour mettre en relation les personnes nécessitant de l’aide pour leurs chevaux et celles pouvant en apporter. Celui-ci a été très actif jusqu’en début de soirée, et a aussi contribué à la réussite des évacuations.
