Ferrage, parage, podologie : la profession de maréchal-ferrant plus encadrée

En vertu d’un arrêt de la Cour de cassation datant d’octobre 2025, il est désormais obligatoire de disposer d’un diplôme (CAP, CTM, BTM) pour intervenir sur le pied d’un cheval, quelle que soit la nature de l’intervention. L’Union française des maréchaux-ferrants (UMF), syndicat professionnel dont l’une des missions majeures est de défendre les intérêts de la profession, militait depuis quatorze ans pour obtenir cette reconnaissance, qu’il juge fondamentale pour garantir une pratique professionnelle du métier dans le respect du bien-être animal. De tels cadres existaient déjà dans d’autres métiers relevant de la délégation d’actes vétérinaires, comme les dentistes ou ostéopathes équins.

Le 5 juillet 1996 fut promulguée la loi relative au développement et à la promotion du commerce et de l’artisanat. Si elle encadre les métiers artisanaux, dont celui de maréchal-ferrant, elle ne dit rien des métiers de pareur et de podologue, qui se sont donc développés dans un vide juridique. “Il ne se passe pas une semaine sans que nous recevions des appels concernant des ‘dégâts’ causés sur des chevaux par des soi-disant professionnels qui n’en sont pas”, assure Jimmy Hentry, président de l’UFM. “Au-delà des conséquences parfois irréversibles sur la santé et le bien-être des chevaux, ces interventions non réglementées ne permettent souvent aucun recours, notamment auprès des assurances, puisqu’elles ne sont pas officiellement encadrées. J’insiste donc sur cette notion de responsabilité: les propriétaires doivent impérativement vérifier que la personne qui intervient sur les pieds de leurs chevaux est bien diplômée et dispose d’une assurance professionnelle.”

En 2003, l’UFM tout juste créée, sous la présidence de Dominique Fonseca, a commencé à lancer des procédures contre des pratiquants qu’elle jugeait illégaux. Une affaire où une praticienne avait gagné son procès en mettant en avant la loi européenne sur la liberté d’entreprendre a donné lieu à un pourvoi en cassation. Du fait de l’arrêt précédemment cité, tout acte de maréchalerie est désormais considéré comme un acte vétérinaire par délégation, il est devenu obligatoire de disposer d’un diplôme pour pouvoir intervenir sur un pied de cheval, quelle que soit l’intervention. “Les écoles de parage/podologie sont désormais exclusivement réservées aux vétérinaires et maréchaux-ferrants. Les fonds de formation ne financent plus les frais de scolarité des postulants qui ne sont pas diplômés d’un de ces deux métiers. C’est loin d’être anodin: à titre indicatif, en 2024, sur quinze personnes qui ont demandé un financement pour intégrer une de ces écoles, seules deux étaient diplômées, en l’occurrence d’un diplôme de vétérinaire”, argue Jimmy Hentry.