GENi : la génomique au service de la performance et de la santé des chevaux
Avec le projet GENi, ou Génomique Équine Normandie, un collectif d’acteurs majeurs de la recherche et du développement s’unit pour mieux comprendre et anticiper les aptitudes des chevaux. Porté par la Région Normandie, ce projet collaboratif réunit les expertises de l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE), de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), du laboratoire LABÉO et du campus équin normand de l’École nationale vétérinaire d’Alfort (EnvA-CIRALE).
Aujourd’hui, les outils d’évaluation existants des performances des équidés restent partiels: aucun indice génétique en galop, un indicateur unique au trot (BTR), des indices par discipline en sport, sans vision détaillée ni fine des aptitudes. Autre limite majeure: l’absence d’outils pour anticiper les pathologies pouvant impacter la carrière du cheval. Le projet GENi a pour ambition de caractériser finement les aptitudes sportives et les prédispositions aux contre-performances, en croisant génétique, génomique (données issues de la lecture de l’ADN) et données de terrain. Concrètement, l’ADN des chevaux est analysé à partir d’un simple prélèvement sanguin grâce à la technologie SNP (single nucleotide polymorphism ou polymorphisme d’un seul nucléotide en français), développée et adaptée aux races françaises par l’IFCE et l’INRAE. Cette technologie permet d’explorer plus de 60.000 marqueurs génétiques répartis sur l’ensemble du génome.
Ces données sont ensuite croisées avec les performances en compétition, les historiques de carrière et les prédispositions à certaines pathologies de contreperformance. “L’objectif est donc de passer d’une vision globale à une lecture fine, individualisée et prédictive du potentiel de chaque cheval”, explique l’IFCE. Le projet s’intéresse notamment à plusieurs affections fréquentes dans les courses et le sport: troubles respiratoires, dont l’asthme et hémorragies pulmonaires induite par l’effort, myosites et rhabdomyolyse d’effort pour les chevaux de course, affections vertébrales (conflits de processus épineux, arthropathies, spondylose) et sensibilité à la rhodococcose.
“À terme, le projet GENi permettra de proposer des évaluations génomiques diversifiées selon l’âge, à la discipline et au type d’épreuve, des indicateurs intégrant régularité et longévité sportive et des marqueurs de prédisposition aux pathologies étudiées accessibles aux propriétaires. Ces outils offriront une aide précieuse pour orienter l’entraînement, adapter les conditions d’élevage, sécuriser les choix de croisement et mieux prévenir les risques de contre-performance”, argue l’IFCE.
Le succès de GENi repose sur l’engagement des acteurs de terrain. “En participant à cette étude, vous contribuez aux avancées scientifiques utiles à la filière équine”, lance l’IFCE à destination des parties prenantes du sport, éleveurs et propriétaire notamment, invités à répondre à un questionnaire rapide. Cela concerne les chevaux de sport ayant participé au moins une fois à une compétition officielle (FFE Amateur/Pro, SHF) en saut d’obstacles, dressage ou concours complet avant le 1er janvier 2026 de race Selle Français, Oldenbourg, KWPN, BWP, Hanovrien, sBs, Holsteiner, Westphalien, Trakehner, SWB, Zangersheide, DWB, ISH, etc. “Les chevaux de territoires, les poneys, les Lusitaniens et Pure race espagnols ainsi que les Pur-sang Arabes sont exclus de cette étude en raison
Le projet GENi est financé par la région Normandie et co-financé par l’IFCE, France Carnot Futur Élevage (ANR), le Fonds Éperon, le GIS Centaure et l’Union européenne. Il est également labellisé par le pôle de compétitivité Hippolia.
