“Faire partie de la famille Levallois est une chance”, Dylan Levallois (2/2)
Âgé de vingt-trois ans à peine, Dylan Levallois a remporté fin octobre sa toute première épreuve internationale 4* à 1,50m lors du CSI 4* de Saint-Lô, tout près du haras de Semilly qui l’a vu grandir. Rencontré lors du concours d’Equi Seine, à Rouen, le 22 novembre, il en dit plus sur ses objectifs pour la saison hivernale et l’année 2026 avec ses différents chevaux. Sur le point de se lancer dans sa première aventure entrepreneuriale, le discret jeune homme évoque les entraîneurs qui l’ont marqué jusqu’ici et son attrait pour l’élevage, l’une des activités principales de la structure dirigée par sa famille à Couvains, dans la Manche.
La première partie de cet entretien est disponible ici
Le CSI réservé aux moins de vingt-cinq ans dans le cadre du CHI de Genève constituera le dernier grand objectif de votre saison. Comment se profilera ensuite la période hivernale pour vous?
Chaque cheval suivra un programme différent. Brasilia, par exemple, va bénéficier d’une bonne pause après son excellente saison. De toute façon, j’aime faire travailler les chevaux d’âge de manière légère l’hiver, car je pense que c’est important qu’ils profitent d’un vrai break. En revanche, j’ai des chevaux de cinq et sept ans qui manquent un petit peu d’expérience, et nous allons prendre le temps de leur faire faire de la gymnastique cet hiver. Peut-être que nous profiterons du New Tour (une série de concours indoor organisés à Saint-Lô et Deauville et réservés aux jeunes chevaux, ndlr) afin de les aguerrir. Malheureusement, au vu de la nature de nos terrains, il est difficile de mettre les chevaux au pré l’hiver, mais les jeunes y profitent d’un ou deux mois de pause à l’automne.
Début 2026, j’aimerais bien partir quelques semaines à Valence, en Espagne. Ensuite, nous reviendrons en France pour le salon des étalons de Saint-Lô (prévu le troisième week-end de février, ndlr), qui est extrêmement important pour nos activités. Après cette étape manchoise, si tout se passe bien avec mes chevaux, je songe à prendre part à quelques concours dans le cadre de Vilamoura Classic. Les nouvelles infrastructures (dont la construction a été orchestrée par GRANDPRIX Events, ndlr) ont l’air d’offrir des conditions de travail fantastiques. Si je pouvais rester trois semaines là-bas, cela me permettrait de faire monter mes chevaux en puissance, avec les concours de mi-saison en ligne de mire.
Avez-vous déjà des objectifs précis en tête pour 2026?
Avec mes jeunes chevaux, il s’agira sans doute des finales du Cycle classique de Fontainebleau. J’aimerais également viser une nouvelle bonne performance lors du championnat de France Pro Élite. Au vu de sa fin de saison, Brasilia pourrait peut-être constituer la candidate idéale pour cette échéance, d’autant qu’elle est très rapide et pourrait tirer son épingle du jeu dans la Chasse. Concernant mes autres chevaux, je pense me fixer quelques Grands Prix comme objectifs, et si nous pouvons conclure des ventes, cela ne sera que positif.
“J’ai le plaisir de travailler parfois avec mon oncle, Éric Levallois”
En 2022, vous aviez pris part aux championnats d’Europe Jeunes cavaliers d’Oliva avant de remporter la Coupe des nations Seniors du CSIO 3* de Gorla Minore au printemps suivant. Nourrissez-vous l’envie de porter à nouveau la veste de l’équipe de France?
Bien sûr! Les concours où l’on représente l’équipe de France ont une saveur tout à fait particulière. Lorsque l’on est jeune, les épreuves collectives permettent d’apprendre beaucoup, qu’il s’agisse de simples Coupes des nations ou de championnats. Les Européens d’Oliva m’ont permis de me confronter aux meilleurs cavaliers de ma génération et de voir où j’en étais réellement dans ma progression. Quant à la Coupe que nous avions remportée à Gorla, nous avions été quatre jeunes à y prendre part: Charles Berthol (désigné remplaçant, ndlr), William Ligier de la Prade, Jules Orsolini et moi-même. Olivier Robert était le seul cavalier Seniors de l’équipe. Avoir remporté cette épreuve constitue un souvenir incroyable, d’autant que nous nous trouvions en position d’outsiders. Cela a tissé des liens forts entre nous.
Depuis quelque temps, vous travaillez avec Éric Février. D’autres entraîneurs vous ont-ils marqué auparavant?
Oui, à commencer par Alexis Gautier (notamment sacré champion de France Pro Élite en 2010 et 2011 avec Hélios de la Cour II, ndlr), qui m’a appris à monter à cheval. Je me considère très chanceux d’avoir pu compter sur un premier coach aussi pédagogue et patient, avec les humains comme avec les chevaux. Nous sommes toujours en contact; notre collaboration n’est pas du tout finie. Aussi, j’ai le plaisir de travailler parfois avec mon oncle, Éric (notamment sacré champion du monde par équipes en 2002 aux rênes de Diamant de Semilly, ndlr). Ce coaching n’est pas régulier, mais à chaque fois qu’il m’entraîne, il me donne des conseils très intéressants. Dès que nous nous croisons en concours, nous évoquons mes chevaux et leur évolution ainsi que des pistes d’amélioration.
Dylan Levallois croit notamment au potentiel de Good Pleasure Semilly
© Pixels Events
“Une première étape pour me préparer à reprendre un jour la structure de mes parents”
Vous travaillez en tant que cavalier au sein du haras de vos parents depuis plusieurs années maintenant. À vingt-trois ans, comment envisagez-vous la suite de votre carrière professionnelle?
D’abord, je dois dire que je suis très content d’avoir passé un bac scientifique dans un lycée général avant de décider de devenir cavalier professionnel. Cela m’a permis de sortir de ce monde équestre que l’on adore, mais qui est parfois un peu déconnecté de la vie normale. J'ai ensuite obtenu mon BTS Productions Animales. Cette année, j’ai suivi des formations afin de m’installer en tant que jeune agriculteur l’an prochain sur des terres que nous avons acquises à cet effet près de notre haras. Je continuerai à dédier la majorité de mon temps à monter mes chevaux actuels, mais cela me permettra de développer la partie élevage en parallèle. L’idée est qu’après ces quelques années de salariat, je commence ainsi à toucher à l’entreprenariat, la comptabilité, la gestion etc. Il s’agit là d’une première étape pour me préparer à reprendre un jour la structure de mes parents, qui est d’une taille importante, avec mon frère, Kevin.
Outre ses activités d’étalonnage et de valorisation, le haras de Semilly est évidemment connu pour son élevage. Est-ce un pan d’activité qui vous intéresse aussi?
Tout à fait. Cela m’a toujours plu, et en concours, j’ai pris l’habitude de regarder les origines des chevaux afin d’observer quelles caractéristiques transmettent les différents étalons. Cela me permet d’avoir en tête le panel de reproducteurs disponibles et d’améliorer mes connaissances. Dans ce domaine, je peux évidemment compter sur mes parents, qui font naître trente-cinq poulains par an, mais aussi sur mon oncle (à la tête du haras de Beaufour, ndlr).
Ressentez-vous une pression inhérente à votre nom de famille?
Non, je considère avant tout qu’appartenir à cette famille est une chance, qui me donne accès à des savoir et savoir-faire immenses concernant tout ce qui entoure les chevaux. À mon sens, c’est encore plus important que de pouvoir compter sur de bonnes montures, car certaines de ces connaissances empiriques ont tendance à se perdre.
