Un projet de syndication pour Dirty Old Town, le nouvel espoir olympique d’Astier Nicolas

Un cheval de onze ans, un médaillé olympique en concours complet et un projet de syndication ouvert au grand public. À l’origine du Dirty Old Town Project, Violaine Trapenard tente de réunir plusieurs investisseurs autour d’une même ambition sportive, en misant sur une aventure collective et immersive aux côtés d’un cheval de compétition de haut niveau.  



Depuis quelques semaines, Astier Nicolas, médaillé d’or par équipes et d’argent individuel aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro en 2016, et Violaine Trapenard, éleveur de chevaux de courses d’obstacles au Haras de Sivola, mais passionnée de sport et de concours complet, portent une initiative baptisée Dirty Old Town Project. Ce concept repose sur la création d’un syndicat d’investisseurs, permettant à plusieurs intéressés passionnés de devenir copropriétaires de Dirty Old Town (ISH, Cruising Ambassador x Puissance), hongre gris sur lequel reposent les espoirs du cavalier normand de concours complet pour les gros concours 5* de la planète (Burghley, Badminton, Pau…) comme les JO de Los Angeles 2028. En octobre dernier, le couple s’était classé huitième du CCI 5*-L de Pau, ce qui constitue une excellente performance pour un cheval alors âgé de dix ans dont c’était le tout premier concours 5*.

À l’origine de cette initiative, une conviction, que le modèle traditionnel de propriété des chevaux de sport n’est pas le seul possible, et une ambition, celle de conserver Dirty Old Town sous la selle d’Astier Nicolas afin de porter haut les couleurs de la France. “Nous voulons permettre à des personnes qui n’y ont normalement pas accès de vivre le sport de haut niveau de l’intérieur. Tout le monde ne peut pas avoir un cheval concourant en CCI 5*-L, et encore moins vivre ce genre d’expérience”, explique Violaine Trapenard. “Nous ciblons d’abord des passionnés de chevaux, bien sûr, mais aussi des chefs d’entreprise ou des profils issus de réseaux comme le Rotary Club ou le Lions Club, où l’on trouve souvent des personnes curieuses, qui aiment découvrir de nouveaux univers et vivre des expériences uniques”, poursuit-t-elle.

Astier Nicolas sur Dirty Old Town à Pau l'an passé

Astier Nicolas sur Dirty Old Town à Pau l'an passé

© Justine Melliez



Le ticket d’entrée, fixé à 10.000 euros, a été pensé pour ouvrir ce projet à un maximum de personnes pouvant s’impliquer dans ce projet sportif. Au-delà des aspects financiers, le Dirty Old Town Project promet une véritable immersion. L’objectif est non seulement de suivre le cheval en compétition, mais aussi de partager son quotidien au plus près. “Nous voulons faire vivre les coulisses, les compétitions, les déplacements, la préparation, etc., mais aussi des expériences annexes, comme des visites ou des rencontres. Nous nourrirons un lien fort avec les investisseurs, qui bénéficieront de contenus exclusifs, de vidéos et d’espaces d’échange, d’invitations aux préparations au pôle France, aux concours... ”, souligne Violaine Trapenard. Passionnée de complet depuis toujours, elle a rencontré Astier Nicolas en 2020. “Nous avons rapidement accroché, et j’ai eu envie de l’accompagner et de l’aider à structurer certains aspects de sa carrière”, détaille-t-elle.

Dirty Old Town brille en concours complet, notamment grâce à ses qualités de cheval de cross, exercice où il s’est déjà distingué à plusieurs reprises. “Il a un vrai potentiel olympique. Il se montre exceptionnel sur le parcours de cross, comme il l’a déjà prouvé notamment aux Cinq Étoiles de Pau”, nous confie Astier Nicolas. “Après leur huitième place dans le Béarn, Astier qui est encore propriétaire d’une grande part du cheval, a reçu des offres importantes venues de l'étranger, auxquelles il n’a pas donné suite pour le moment, et ses associés, Pierre Barki, Olivier Gouraud ainsi que Paul et Bénédicte Nicolas le suivent dans ses choix. Ce cheval représentant une vraie opportunité pour Astier de se maintenir au plus haut niveau, je lui ai proposé de ne pas le vendre et de construire quelque chose ensemble, raconte Violaine Trapenard. Nous avons alors imaginé une structure permettant de conserver Dirty tout en finançant sa carrière sportive”, ajoute-t-elle. “Le projet est pensé pour quatre années. Pendant cette période, les investisseurs vivront l’aventure avec nous. Ensuite, une décision collective sera prise quant à l’avenir du cheval. Nous visons une mise en place avant les championnats du monde afin que les investisseurs puissent vivre cette aventure dès le début”, insiste Violaine Trapenard.

Selon elle, ce projet devrait aussi permettre de mettre en lumière une discipline encore trop méconnue du grand public. “Le concours complet mérite plus de visibilité. C’est un sport incroyable, très exigeant, qui génère énormément d’adrénaline chez celles et ceux qui s’y impliquent. Pourtant, il reste encore trop confidentiel en dehors des médias spécialisés”, conclut-t-elle. Avant ce Dirty Old Town Project, bien d’autres chevaux ont donné lieu à la création de syndicats, notamment en Grande-Bretagne, mais aussi en France. En 2016, Astier Nicolas avait conquis ses deux médailles olympiques grâce à l’engagement d’un groupe de passionnés, réunis au sein de Ben & Partner, syndicat propriétaire de l’inoubliable Piaf de B’Neville (SF, Cap de B’Neville x Rêve d’Elle).

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