Le Jumping de Cannes célèbre l’éternel Vitiki, l’émergent Oreo et l’irréprochable Dexter
Yuri Mansur a remporté l’épreuve majeure de la deuxième journée de compétition au CSI 5* de Cannes, ce soir dans les Alpes-Maritimes. En selle sur son génial Vitiki, le Brésilien a réussi le plus rapide des cinq doubles sans-faute, devançant l’Allemand Philipp Weishaupt, deuxième sur Oreo DR, et Jeanne Sadran, troisième avec Dexter de Kerglenn.
Le Jumping de Cannes a célébré la longévité, le renouveau et la résilience lors de la deuxième de ses trois soirées de compétition, ce vendredi au stade des Hespérides. Après une première soirée essentiellement dédiée à la Global Champions League (GCL) et avant celle de demain, marquée par la cinquième étape du Longines Global Champions Tour (LGCT), le public a eu droit à une belle épreuve à 1,50m, conclue par un barrage ayant opposé onze paires dans une atmosphère azuréenne des plus agréables.
Sur le papier, la victoire semblait promise à Scott Brash, numéro trois mondial, d’autant que le Britannique avait sellé son olympique Hello Jefferson (ex-Jerenmias van het Hulstenhof), victorieux hier soir individuellement de la première manche de la GCL, cotée à 1,60m et qualificative pour le LGCT. Le multi médaillé avec qui plus est l’avantage d’être l’avant-dernier à tenter sa chance sur le parcours réduit imaginé par le chef de piste italien Uliano Vezzani. Le barrage du couple fut aussi éblouissant que d'habitude, mais… une touchette sur le dernier oxer l’a privé d’un nouveau succès, le renvoyant à la sixième place finale.
Quelques minutes plus tôt, Arthur Le Vot, septième et deuxième meilleur Français ce soir avec Djinn Cécé, avait pénalisé sur le même obstacle, qu’il fallait aborder après une courbe à droite à 260° dans un coin de la piste. Créditées de doubles sans-faute studieux sur Cydello et Action Man, l’Australienne Edwina Tops-Alexander et la Monégasque Anastasia Nielsen se sont hissées aux rangs quatre et cinq. À peine moins rapide que Scott Brash et Arthur Le Vot, l’Allemand Maximilian Weishaupt a pris une bonne huitième place sur DSP Omerta Incipit.
Son frère, Philipp Weishaupt n’est pas passé loin de l’emporter. Associé à l’émergent Oreo DR, qu’il monte depuis fin 2024, le lieutenant de Ludger Beerbaum a réussi un double sans-faute rapide et très bien dessiné, dans la droite ligne de son parcours d’hier en première manche de la GCL, dont le couple avait pris la troisième place. Classé dans treize autres épreuves entre juin 2025 et fin avril 2026, dont une quatrième place dans un Grand Prix de niveau 5* – gagné par Scott Brash et Jefferson! – disputé cet hiver à Doha, Oreo DR n’est plus très loin d’une victoire majeure… qui ferait du bien à son cavalier, vainqueur l’an dernier du LGCT de Vienne avec Kilmister et plus récemment de la Coupe du Roi au CSI 5* de Madrid sur Chaquito PS ainsi que du Grand Prix 4* de Hohenkirchen avec Lady Concern du Rezidal, âgée seulement de neuf ans.
“Ce double sans-faute nous permet au moins de bien finir ce concours”, Jeanne Sadran
On souhaite aux nouveaux partenaires de Philipp Weishaupt la même longévité qu’à Vitiki, toujours aussi fringant et motivé à l’âge canonique de dix-huit ans. Ce soir, il a permis au Brésilien Yuri Mansur de régaler le public d’un sans-faute savamment orchestré, le plus rapide de la soirée. Bien entendu, ce couple-là a connu des succès bien plus prestigieux, jusqu’à 1,60m, mais continuer à voir son alezan gagner avec une apparente envie remplit de joie le cavalier à veste jaune: “Vitiki est un cheval à part pour moi. Nous avons une connexion incroyable et il a marqué ma carrière. C’est comme s’il faisait partie de ma famille. J’étais déjà venu deux fois à Cannes mais ce concours ne m’avait pas souri jusque-là. Je suis ravi d’avoir inversé la tendance. Ce soir, je savais que le barrage était fait pour Vitiki, qui aime tourner court. Après avoir vu Philipp (Weishaupt, ndlr), je me suis dit que si je parvenais à suivre le tracé que j’avais en tête, je serais plus rapide, et Vitiki m’a suivi.”
Le public cannois n’a pas manqué l’occasion de célébrer aussi l’irréprochabilité de Dexter de Kerglenn, le fabuleux étalon monté par Jeanne Sadran. À l’image de la délégation française, à l’exception notable de Simon Delestre, son propre coach, la Toulousaine avait souffert hier, chutant de façon inattendue en première manche de la GCL. Ce soir, le couple a retrouvé l’harmonie, la cavalière montant avec conviction et sérieux, et le bai volant au-dessus des obstacles. Dernière à repartir au barrage, Jeanne Sadran a tenté sa chance jusqu’au bout et n’a cédé que soixante-sept centièmes de seconde au chrono des vainqueurs. “Je suis super contente, qui plus est après la mauvaise chute d’hier. C’est ma faute: je me suis trompée dans ma distance et Dexter n’a pas compris ce que je lui demandais… À défaut de pouvoir disputer le Grand Prix de demain, ce double sans-faute nous permet au moins de bien finir ce concours”, a sportivement commenté l’Occitane, précédemment septième de l’épreuve à 1,45m avec Iovana del Maset. La semaine prochaine, on la retrouvera à Ramatuelle, près de Saint-Tropez, pour la sixième étape du LGCT, organisée le même week-end que le CSIO 5* de La Baule. “J’essaierai de faire aussi bien le vendredi… et surtout ne pas commettre de boulette le jeudi”, a-t-elle conclu en souriant.
Au programme demain, une Vitesse à 1,45m, puis le Grand Prix à 1,60m, cinquième étape du LGCT, lors duquel Simon Delestre portera seul les espoirs français avec l’exceptionnel et jeune Gatsby du Tillard, vainqueur de l’étape de Madrid voici trois semaines.
Jeanne Sadran, troisième avec Dexter de Kerglenn, a fait mieux que se rassurer après sa chute d’hier.
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