Juge et steward international, Jacques van Daele est décédé
Le monde du dressage a perdu l’une de ses figures les plus respectées. Jacques Van Daele s’est éteint le 3 juillet, à l’âge de soixante-douze ans, après plusieurs années de lutte contre un cancer. Juge international de niveau 3, steward en chef de niveau 4, délégué technique et formateur à la Fédération équestre internationale (FEI), le Belge laisse derrière lui une carrière remarquable, construite sur plus de quarante ans d’engagement au service de la discipline.
Son parcours dans le monde équestre débute pourtant loin des grandes manifestations internationales. Formé en criminologie, Jacques van Daele rejoint la police montée belge, où il participe au dressage des chevaux de service. Cette première expérience façonne durablement sa manière d’aborder le cheval mais aussi les Hommes, avec méthode, discipline et sens de l’observation. Au début des années 1980, il débute son parcours de juge de dressage. Année après année, il gravit les échelons jusqu’à obtenir le niveau FEI 4*, devenant l’un des officiels belges les plus expérimentés sur la scène internationale. S’il ne sera jamais promu au rang de juge 5* (ou Level 4 selon les dernières dénominations), il élargit progressivement son champ d’action en devenant steward international, délégué technique et directeur de cours à la FEI, participant activement à la formation de nombreux officiels appelés à exercer partout dans le monde.
Cette polyvalence fait rapidement de lui un acteur incontournable des plus grands rendez-vous équestres. Jacques van Daele a participé à six éditions des Jeux olympiques, à de nombreux championnats du monde et championnats d’Europe, aux finales de la Coupe du monde, ainsi qu’aux championnats du monde des Jeunes Chevaux. Il a également officié lors des plus prestigieux concours internationaux, parmi lesquels Aix-la-Chapelle, Rotterdam, Bois-le-Duc, Wellington, ou encore Malines.
À Aix-la-Chapelle, considéré comme l’un des concours les plus prestigieux au monde, il a occupé durant plusieurs années le rôle stratégique de steward en chef. Une responsabilité que Jacques van Daele assumait avec une exigence reconnue. Ceux qui l’ont côtoyé évoquent un homme exigeant, parfois inflexible, mais toujours profondément juste. Pour lui, appliquer le règlement ne signifiait jamais rechercher la sanction à tout prix. Il considérait avant tout le dialogue comme son principal outil de travail. Il résumait sa philosophie par une valeur qu’il considérait essentielle : l’intégrité. “Dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit”, expliquait-il alors, estimant qu’il s’agissait de la première qualité attendue d’un officiel. Il avait par ailleurs évoqué le rôle de l’“info steward” pour GRANDPRIX.Info, se félicitant d’une volonté de plus grande transparence.
Son expérience passée dans les services d’enquête de la police lui servait également dans la gestion des situations conflictuelles. Parallèlement à ses missions internationales, Jacques van Daele était très impliqué dans le développement du dressage belge, siégeant au sein des commissions flamande et belge de dressage, dont il avait assuré la présidence plusieurs années.
Derrière l’image d’un officiel réputé strict se cachait pourtant un homme apprécié pour sa fidélité en amitié, son humour parfois mordant et son rire communicatif. Plusieurs hommages publiés ces derniers jours rappellent que son caractère bien trempé s’accompagnait d’une profonde bienveillance envers les personnes qui partageaient sa passion du cheval. Beaucoup soulignent également sa capacité à désamorcer les situations les plus tendues grâce à une remarque pleine d’humour ou à un échange franc.
Atteint d’un cancer depuis plusieurs années, Jacques van Daele avait progressivement réduit ses activités internationales même s’il continuait à suivre le dressage avec passion et à rester proche des officiels et des organisateurs qui l’avaient accompagné tout au long de sa carrière.
Dans un hommage publié par le Club international des officiels de dressage (IDOC), son président Hans Christian Matthiesen rappelle combien Jacques van Daele a marqué générations d’officiels. Il salue notamment “un homme qui a consacré une grande partie de sa vie à la formation des stewards au sein de la FEI, avec la même rigueur et le même dévouement qui caractérisaient tout ce qu’il entreprenait”. Il rappelle que son engagement, son sens de l’équité et son humanité laisseront une empreinte durable dans le dressage international.
GRANDPRIX adresse ses plus sincères condoléances aux proches de Jacques van Daele.
