Cornado I, le puissant esthète de Marcus Ehning, a rejoint les étoiles
Star des pistes de jumping de la décennie 2010, Cornado I s’est éteint hier à l’âge de vingt-trois ans au Haras d’État de Warendorf. Champion des étalons à deux ans et demi puis performeur au plus haut niveau sous la selle du Centaure Marcus Ehning, le charismatique gris a aussi connu du succès à l’élevage.
Sa silhouette grise parfaitement articulée au-dessus de certains des plus hauts obstacles de la planète restera dans les mémoires de bien des aficionados du saut d’obstacles. Le puissant Cornado I, que d’aucuns décrivaient comme une gravure, a tiré sa révérence hier à l’âge de vingt-trois ans. Fils de Cornet Obolensky, né Windows van het Costersveld, et d’une mère par Acobat, le gris avait su séduire dès ses deux ans et demi en devenant champion du concours d’approbation des étalons Westphaliens. D’abord monté par Marcus Döring et Franz-Joseph Dahlmann, qui l’a emmené jusqu’en épreuves à 1,45m, Cornado a rejoint les écuries du Centaure Marcus Ehning en 2012, à neuf ans. Dès la fin de cette année-là, il s’est classé deuxième du Grand Prix à 1,60m du CSI 3* de Munich après s’être classé à 1,50m et 1,55m à plusieurs reprises.
En 2013, il a effectué ses débuts en Grand Prix 5* et a notamment terminé quatrième de l’étape de la Coupe du monde de Stuttgart, réputée pour sa difficulté. L’année suivante, l’étalon s’est imposé par deux fois en Grand Prix 5*: lors de l’étape de la Coupe du monde de Bordeaux, d’abord, puis sous la superbe verrière du Grand Prix à l’occasion du Grand Prix Hermès (leur barrage est à revoir en bas de cet article). Deux ans plus tard, il a encore gagné l’épreuve majeure Rolex du CSI 5* de Bois-le-Duc. En 2018, Cornado a montré qu’il se plaisait vraiment dans ces épreuves-là, se classant deuxième à Bordeaux et Bois-le-Duc et troisième au Saut Hermès. Au cours de sa carrière, le fils de Cornet Obolensky s’est aussi octroyé la deuxième place des étapes du Longines Global Champions Tour de Valkenswaard et New York, troisième de celle de Paris, ou encore troisième de la manche de Coupe du monde de Vérone et du Grand Prix du CSI 5* de Bâle.
Les Jeux équestres mondiaux de Normandie ont constitué le seul grand championnat extérieur de Cornado
© Hippo Foto
“Cornado émouvait les gens grâce à son caractère, son charisme et sa volonté de performer”
S’il était l’une des stars de la décennie 2010, le Westphalien n’a disputé qu’un grand championnat extérieur: les Jeux équestres mondiaux de Normandie, en 2014, où il s’est classé dixième en individuel. Sélectionné pour les Jeux olympiques de Rio en 2016, il n’avait finalement pas pu y participer en raison d’une boiterie décelée juste avant la première épreuve. En revanche, il a pris part à trois finales de la Coupe du monde. À Lyon, en 2014, il a terminé quatrième et n’est passé qu’à quelques dixièmes de seconde perdus dans la Chasse ou au barrage de la seconde étape de monter sur le podium. De nouveau quatrième en 2016, il s’était classé douzième en 2018, année où il avait ensuite dû être énucléé. Cela ne l’avait pas empêché de retrouver le plus haut niveau et de se classer quatrième des étapes Longines de la Coupe du monde de Londres et Bâle en 2019 et 2020, avant qu’il ne soit décidé de mettre un terme à sa carrière sportive en 2021.
Cornado I avait un propre frère, Cornado II, qui fait lui aussi état de performances au plus haut niveau réalisées sous la selle de Christian Ahlmann. Côté élevage, selon les données de la Fédération équestre allemande (FN), vingt et un de ses fils ont été approuvés et quatre-vingt-douze de ses produits ont atteint les épreuves à 1,40m. Le plus riche d’entre eux est Cool Feeling, très bien classé dans plusieurs Grands Prix 5* avec l’Allemand Ludger Beerbaum. Citons aussi Büttner’s Minimax, troisième de l’étape Longines de la Coupe du monde d’Helsinki en 2022 avec la cavalière germanique Janne Friederike Meyer-Zimmermann, ou encore Cordynox, classé à 1,55m avec Marcus Ehning. “La disparition de Cornado nous a causé une grande tristesse”, peut-on lire sur la page Facebook du haras d’État de Warendorf. “Il a dû être endormi hier à l’âge de vingt-trois ans en raison de tumeurs incurables car la perspective d’une vie sans souffrance n’existait plus. Avec sa mort, ce n’est pas seulement un sportif de haut niveau extraordinaire qui nous quitte, mais aussi un étalon avec une vraie personnalité. Racé et imposant, il a ravi son entourage jusqu’au bout avec sa vitalité, son esprit, sa fierté et sa personnalité proche de l’Homme. [...] Il émouvait les gens grâce à son caractère, son charisme et sa volonté de performer. Aucune des personnes qui l’a connu ne pourra oublier sa présence et son aura. L’équipe du haras d’État de Rhénanie du Nord-Westphalie s’incline devant ce vénérable étalon et athlète d’exception.”
