Double doublé pour Steve Guerdat!!
Les tenants du titre du Derby du CSIO 5* de La Baule – Demeures de Campagne, le Suisse Steve Guerdat et son bondissant Easy Star de Talma, ont inscrit leur nom pour la deuxième année consécutive au sommet de l’épreuve. Partis en derniers, ils ont eu le temps d’observer leurs concurrents, de mesurer les temps de relâche et de franches galopades, de voir les difficultés et spécificités de cette mythique épreuve du concours baulois.
C’était l’été cette après-midi dans le ciel de la cité balnéaire de La Baule. Soleil, chaleur, chapeaux de paille et lunettes de soleil dans les tribunes pour suivre, sur le terrain en herbe du stade François-André, les parcours des treize concurrents au départ de ce Derby de La Baule – Demeures de Campagne. Les passionnés du beau sport ont accueilli avec force clappements de mains le premier concurrent d’un plateau restreint, certes, mais porteur de belles promesses au regard des noms des pilotes inscrits sur la ligne de départ.
Usant et profitant des spécificités du terrain et des obstacles fixes (buttes, contre-haut, contre-bas, passage de gué, etc.), le parcours a présenté un dessin fidèle à la renommée de ce Derby de La Baule – Demeures de Campagne. À noter qu’il s’agissait de la troisième année consécutive que le CSIO 5* de La Baule proposait une belle dotation de plus de 56.000 euros pour cette épreuve, afin de motiver les cavaliers à la disputer. En tout, vingt et un obstacles, vingt-six efforts et un temps accordé de 158’’ sur un kilomètre cinquante de distance. De quoi bien occuper les cavaliers et leur monture pour tenter d’inscrire leur nom au Panthéon de cette épreuve mythique. La sortie de la combinaison numéro 3 a particulièrement bien endossé le rôle de juge de paix.
Un Suisse en chasse un autre…
Les trois premiers concurrents, le Saoudien Abdulrahman Alrajhi, le Canadien Kyle Timm et le Français Nicolas Layec, ne sont pas parvenus à trouver les clés du parcours, écopant respectivement de huit et quatre points avec Kandice Chavannaise, Atomica des Sequoias et Georgio Louvo. C’est le Colombien René Lopez Lizarazo, parmi les chouchous du public, qui a, le premier, signé un sans-faute avec Visa de Vy, en 136’’43. Deuxièmes à terminer leur tour sans faute, et plus rapides, le Suisse Martin Fuchs et Love de Vie ont abaissé le temps de référence à 130’’54, soit plus de cinq secondes de moins que leur prédécesseur. Belle réussite pour cette jument, qui courait là son premier Derby. Les dés semblaient jetés. Avant-dernier à s’élancer, l’Allemand Richard Vogel a osé une option dans son tracé en début de son parcours, lui permettant d’abaisser le chronomètre à 122’’98… mais une faute sur l’oxer numéro 15 aux couleurs de Rolex l’a repoussé dans le classement à la quatrième place. Le plus rapide des quatre points.
Ne restaient plus que Steve Guerdat sur son fidèle Easy Star de Talma, tenants du titre, à pouvoir faire mieux que son compatriote et ami Martin Fuchs. Là, dans une osmose parfaite, le Suisse et son fils de Quick Star ont offert un parcours superbe de bout en bout, raflant la victoire en 129’’73! Un doublé pour cette épreuve mythique, à laquelle on sait le Suisse très attaché, mais aussi un doublé pour le cavalier, déjà vainqueur de la précédente épreuve du jour. Une belle journée pour Steve Guerdat (par ailleurs en couverture du dernier magazine GRANDPRIX), qui n’a pas caché sa joie, point levé et franc sourire aux lèvres.
“C’est vrai que mon début de concours a été un petit peu moins bon”, a réagi le lauréat suisse en sortie de piste. “De fait, je ne me suis pas qualifié pour le Grand Prix. Du coup, hier soir, j’avais un peu le moral dans les chaussettes... Je n’étais pas sûr de me réengager aujourd’hui, même si c’est dans nos habitudes de cavaliers d’avoir beaucoup de bas pour quelques petits hauts. Ce matin, j’ai décidé d’aller à la plage, parce que j’adore ça. En revenant, l’allée qui mène au concours était remplie de gens qui attendaient pour entrer dans le stade. Ça m’a vraiment mis un coup de boost; c’est tellement génial d'être ici. Finalement, je me suis dit de profiter de mon samedi… Pour être franc, je trouve que mon cheval a mieux sauté que l’an dernier. Il était vraiment génial, même si je ne pensais vraiment pas pouvoir être plus rapide que Martin.”
À la question portant sur sa joie communicative, le cavalier a répondu qu’il avait désormais appris à savourer davantage chaque instant. “C’est peut-être l’âge, je ne sais pas. Comment en être autrement? C’est magique à chaque fois de remporter une épreuve ici! C’est vrai que j’en profite un peu plus que lorsque j’étais plus jeune et que je pensais toujours au jour et à la performance d’après. Il y a eu pas mal d’étapes dans ma vie, dans ma carrière, notamment l’an passé avec mes problème de santé (le cavalier avait été contraint de lever le pied plusieurs mois en raison de gros problèmes de dos, ndlr). Je me suis rendu compte que ce n’était pas la normalité de pouvoir vivre de tels moments. J’ai juste l’impression d’être vraiment privilégié de vivre ça.C’est la raison pour laquelle j’essaie de profiter au maximum pour ne pas avoir de regrets, si cela devait être la dernière fois.”
Enfin, répondant à la question d’un journaliste sur le système de qualification pour le Grand Prix Rolex de demain, le cavalier a expliqué avoir “toujours été plus fan d’une qualification obtenue sur la moyenne de nos résultats dans toutes les épreuves qualificatives plutôt qu’à partir du classement individuel de chacune d’entre elles. Personnellement, je trouve plus légitime d’être qualifié après deux tours à quatre points qu’un tour sans faute et un autre à douze ou seize points… Mais c’est personnel, et je sais que ce n’est pas facile de faire plaisir à tout le monde. Honnêtement, je n’aimerais pas être organisateur (rires). J’ai aussi souvent eu la chance d’être pré-qualifié grâce à des médailles obtenues dans les grands championnats. Mais, en gros, je préfère une moyenne sur plusieurs qualifications. Cela est, bien sûr, rendu plus difficile quand entre également en jeu une Coupe des nations.”
