Piergiorgio Bucci renoue avec un doublé classique dans un original Grand Prix de La Baule
Deux semaines après sa splendide victoire dans le Grand Prix Rolex du CSIO 5* de Rome, avec Pallieter van de N.Ranch, Piergiorgio Bucci a triomphé dans l’étape de la Rolex Series de La Baule cet après-midi, aux rênes de Hantano. Sous un splendide soleil, l’Italien a ainsi renoué avec un doublé printanier classique qui n’avait plus été réussi depuis 2014. Dans ce Grand Prix au tracé initial original, il a devancé le Suisse Martin Fuchs, associé à Conner Jei, ainsi que Julien Épaillard, auteur du plus rapide des barrages à quatre points sur Fringan de Vesquerie, véritable révélation de ce week-end.
Les Grands Prix Rolex des CSIO 5* de Rome et La Baule n’ont pas tout à fait l’aura des étapes extérieures du Grand Chelem Rolex que constituent ceux d’Aix-la-Chapelle et Calgary, mais ils n’en sont pas moins deux grands temps forts de la saison printanière depuis des décennies. Deux rendez-vous majeurs que peu de cavaliers ont réussi à remporter coup sur coup. À vrai dire, jusqu’à aujourd’hui, ils n’étaient que trois: l’Irlandais Denis Lynch, qui avait réussi cette prouesse en 2008 avec le puissant Lantinus, l’Étasunien McLain Ward, qui en avait fait autant en 2010 sur la géniale Sapphire, alias Safari van’t Merelsnest, et Eric Lamaze. Ce très beau doublé lui avait souri en 2011 sur le crackissime Hickstead, puis encore en 2014 avec Powerplay, qu’il avait monté à La Baule, et Zigali PS, sur qui il avait pu compter dans la ville éternelle. À l’époque, l’Officiel de France avait lieu mi-mai, une semaine avant celui d’Italie.
Depuis 2023, le CSIO 5* de La Baule a été reculé au mois de juin, si bien qu’il a désormais lieu après son homologue transalpin. Ce dernier a, lui, retrouvé son gazon originel depuis 2018 après avoir un temps accueilli les cavaliers et leurs chevaux sur une piste en sable. Aujourd’hui, Piergiorgio Bucci a donc réussi ce doublé classique sous une nouvelle forme, deux semaines après son succès à Rome avec Pallieter van de N.Ranch. Cette fois associé à Hantano, il a affronté un parcours initial résolument novateur imaginé de Grégory Bodo. Après avoir proposé un tracé somme toute très classique dans la Coupe des nations de vendredi, le Lorrain avait cette fois dessiné des courbes originales, imposant notamment deux demi-tours aux quarante-cinq engagés. L’un d’entre eux, que l’on pourrait qualifier de virage en épingle à cheveux s’il entrait dans la composition d’un circuit de courses automobiles, a rendu l’abord du mur numéro 10 particulièrement difficile, d’autant qu’il amenait les concurrents à repasser devant la porte d’entrée du splendide terrain en herbe baulois. C’est cet obstacle qui a annihilé les chances de la numéro sept mondiale, Nina Mallevaey, avec sa Dynastie de Beaufour. S’il s’est révélé être l’obstacle le plus fautif du parcours, le triple suivant a également privé bon nombre de couples de barrage. L’oxer défendant son entrée a notamment été le lieu de la seule faute de Sophie Hinners, qui a demandé à Singclair*Iron Dames, auteur d’un double sans-faute dans la Coupe des nations Barrière de vendredi et dans le Grand Prix Rolex d’Aix-la-Chapelle il y a trois semaines, de le sauter de trop loin. Ses compatriotes Daniel Deusser et Richard Vogel, eux, ont été piégés par le dernier oxer, placé près de la butte de derby, avec le solide Otello de Guldenboom et l’extraterrestre United Touch S, qui n’a pas semblé au sommet de son art aujourd’hui. Si les fautes en fin de parcours ont donc été légion, le double vertical-oxer placé le long de la grande tribune - pleine à craquer - en numéro 4 a aussi piégé quelques couples, souvent un peu aspirés vers cette combinaison aux couleurs vives. Idem pour le haut vertical numéro 5, qui a aussi donné lieu au malheureux refus de Floyd des Prés sous la selle d’Antoine Ermann.
Délicat et singulier, donc, ce tracé a piégé quelques cadors, mais il a semblé parfaitement juste envers les chevaux et leurs cavaliers. Il a donné lieu à un barrage à sept pour lequel aucun outsider n’a réussi à se qualifier. Premier à affronter le parcours raccourci, Martin Fuchs s’est appuyé sur la puissance de son Conner Jei pour réaliser des virages très serrés à l’abord des oxers constituant les quatrième et avant-dernière difficultés. Doté d’une immense amplitude, le Holsteiner de quinze ans a franchi la ligne d’arrivée en 41’’03. infligeant une pression importante aux six couples suivants. Les parcours fautifs se sont alors succédé, l’un ayant notamment été l’œuvre de Julien Épaillard et Fringan de Vesquerie, finalement troisièmes. Seuls à être passés sous la barre des 40’’ avec leurs 38’’78 et formant l’unique duo tricolore qualifié pour le barrage, tous deux ont été piégés par la sortie du double, que l’Augeron a abordé sans reprendre son grand alezan. Cela n’entache en aucun cas l’impression extrêmement positive laissée par le grand alezan durant ce week-end baulois, où il avait déjà signé un double zéro dans la Coupe des nations Barrière. Son cavalier, qui a regretté d’avoir surestimé la vitesse nécessaire pour battre Martin Fuchs dans ce barrage, a évoqué en conférence de presse le programme qu’il entendait faire suivre à son complice d’ici sa très probable participation aux Mondiaux d’Aix-la-Chapelle.
Lorsque Piergiorgio Bucci est entré en piste, le chronomètre à battre était donc toujours égal à 41’’03. En avance au premier temps intermédiaire puis très légèrement en retard, l’Italien a su terminer son parcours très vite avec Hantano pour arrêter la montre en 40’’61 avant de laisser exploser sa joie à l’annonce de sa victoire. À un peu plus de deux mois des Mondiaux d’Aix-la-Chapelle, cette troisième victoire obtenue dans un Grand Prix 5* disputé sur un grand terrain en herbe - il s’était également imposé dans l’étape du Longines Global Champions Tour de Mexico avec Pallieter - ne peut qu’être de bon augure pour Piergiorgio Bucci, qui aura à coeur de réussir aussi bien dans le temple du saut d’obstacles. Il devrait y monter Hantano, jugeant son complice gris trop peu expérimenté pour un tel rendez-vous. Espérons que la quinzaine allemande offrira le même genre de belles après-midi de sport ensoleillées que celles dont l’Italien a été le meilleur acteur à Rome et à La Baule.
Les résultats
Le plan du parcours
La réaction de Piergiorgio Bucci
La réaction de Martin Fuchs
La réaction de Julien Épaillard
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