Le polo a repris ses quartiers d’été pour une saison anniversaire
La saison de polo sur herbe a repris ses droits à Chantilly. L’activité bat déjà son plein avec plus de six cents chevaux au travail et dix-sept équipes engagées dans les différents niveaux dès ce week-end. La Coupe PGH fera elle, son retour vendredi prochain, lançant ainsi la saison de douze goals avec des formations venues de France, de Belgique et d’Italie.
Cette reprise “verte”, c’est aussi le retour des joueurs et entourages argentins, une atmosphère singulière où le castillan de la Pampa, rapide, direct, parfois abrupt, se mêle aux galopades sur les impeccables canchas de la Ferme d’Apremont. Sur ces terrains comme dans les écuries, le polo retrouve son tempo, fait de complicité entre cavaliers et chevaux, d’intensité maîtrisée et d’une énergie collective propre à ce sport, le tout au son de la musique latino qui rythme ces écuries. L’Argentine s’installe ainsi en Picardie dans l’attente du premier grand événement de la saison : la Polo Nations Cup du douze au vingt-sept juin et de sa petite sœur, sa version féminine à partir du vingt-deux juin, l’OniriQ Ladies la Polo Nations Cup.
Fondé en 1996 par Patrick Guerrand-Hermès, le Polo Club du Domaine de Chantilly s’est imposé au fil des années comme l’un des lieux majeurs du polo international. Ici, tout commence par les chevaux. Des centaines de poneys de polo, préparés avec précision par les petiseros, profitent ainsi des installations de la Ferme d’Apremont, qui s’est construite une réputation solide, reconnue bien au-delà des frontières.
Mais l’essentiel est ailleurs. Dans cette capacité à faire coexister les niveaux, à accueillir aussi bien les joueurs confirmés que les débutants, à transmettre un sport et une culture. Ici, depuis trente ans, le polo se vit autant qu’il se joue. Après une première commémoration dans l’autre club créé par Patrick Guerrand-Hermès, fin avril, à la Palmeraie, en bordure de l’océan Atlantique marocain, la fête va donc se poursuivre en juin autour de la Polo Nations Cup. Ce premier grand rendez-vous de la saison se jouera du douze au vingt-sept juin, quatrième édition d’un tournoi qui s’est rapidement imposé dans le calendrier. Dix nations et régions sont déjà annoncées.
La formation France Occitanie reviendra défendre son titre avec Isabelle Larenaudie, accompagnée des frères Simon Zavaleta et Ramiro Zavaleta, ainsi que du jeune espoir français Elouan Badarello. Ils retrouveront notamment leurs adversaires de la finale 2025, l’équipe argentine de Córdoba menée par Matias Torres Zavaleta.
Elouan Badarello se souvient encore de cette première confrontation face à un grand du polo argentin : “Défendre sur lui est très compliqué. Il faut être plusieurs, seul, il te rend la vie impossible. Mais c’est exceptionnel de pouvoir affronter un tel joueur, et c’est une chance énorme d’avoir un crack de ce niveau à Chantilly.”
La compétition féminine poursuit elle aussi sa montée en puissance. Quatre équipes sont engagées à ce stade, dont les Hauts-de-France, tenants du titre sous le capitanat de Bianca Verneuil. Elles retrouveront notamment France Normandie, Israël et les Pays-Bas, seule équipe entièrement amateur, emmenée par la Néerlandaise Sophie Rakicet composée exclusivement de joueuses du club. Une dynamique qui confirme une tendance de fond : le développement du polo féminin, porté par un nombre de licenciées en constante progression, dont le niveau de jeu ne cesse de s’élever.
Les finales, disputées le samedi vingt-sept juin, s’accompagneront d’un village ouvert au public, avec animations, restauration et une atmosphère accessible, vivante, familiale, fidèle à l’esprit de Chantilly.
Mais le week-end ne s’arrêtera pas là. Il se prolongera avec les célébrations du 30e anniversaire du club. Le Tournoi des Légendes réunira d’anciens capitaines et figures marquantes de Chantilly, dont la finale se jouera le lendemain. Certains reprendront le maillet, à l’image d’André Fabre, le célèbre entraîneur de pur-sang, tandis que d’anciennes figures professionnelles argentines comme Tomas Goti ou Diego Zavaleta feront leur retour sur le terrain, avec l’envie intacte de jouer et de se mesurer à nouveau.
