Nicolas Sers : “À Rome, nous avons connu notre première grande déception”
Sélectionné pour le CSIO 5* de Rome la semaine dernière avec Eleven de Riverland, Nicolas Sers y a commis une seule faute dans la Coupe des nations, mais il est sorti de piste avec vingt-sept points lors du Grand Prix Rolex dominical. Voici sa réaction, qu’il a partagée sur les réseaux sociaux:
“C’est terminé pour Rome, ce concours tellement incroyable. J’éprouve un immense sentiment de gratitude envers la vie qui nous a emmenés jusque-là .. Eleven de Riverland a encore sauté de manière incroyable mais nous avons réalisé une très grosse contre-performance, obtenant un score lourd. De mon point de vue, c’était un bon parcours, mais j’ai commis une erreur de gestion au paddock, où j’ai obtenu un mauvais saut. De fait, j’ai eu peur qu’il ne s’inquiète et me suis donné comme consigne de le solliciter un peu pour sauter le premier obstacle et le mur placé en numéro 2, avant de monter plus normalement. Mais Eleven progresse tant et connaît tellement bien son travail qu’il est rentré en piste sans avoir gardé son échauffement en tête, contrairement à moi. Je l’ai sollicité beaucoup trop fort à l’abord du mur, ce qui a provoqué une petite faute alors qu’Eleven n’en avait jamais commis sur un tel obstacle. J’ai accéléré en pensant au classement et il a sauté le reste du parcours de manière incroyable et avec facilité jusqu’au dixième obstacle, où j’ai choisi une distance en avançant, ce qui a provoqué une deuxième toute petite faite. J’ai alors effectué une volte afin de nous remettre en ordre pour sauter les deux derniers.
Est ce grave? Ce n’était pas un mauvais tour mais oui, c’est grave, car nous honorions une sélection en CSIO et ce concours était très important pour nous. Il constituait un réel objectif. C’était le moment de montrer pour la suite de la saison et des sélections que l’on pouvait compter sur nous quand c’était important. Je n’ai pas répondu présent et je prends la responsabilité des conséquences que cela aura pour la suite de la saison. Nous nous sommes tiré une balle dans le pied seuls alors qu’Eleven était encore dans une super forme et que nous étions sur une très bonne lancée. Il ne lâche rien depuis le début de l’année. [...] Depuis un an, Eleven saute de manière incroyable. À mesure qu’il a gagné en maturité, nous avons aussi revu nos ambitions à la hausse. À Rome, nous avons connu notre première grande déception. Ce sport est tellement magique: une semaine, on se sent intouchable et la semaine d’après, ça ne passe plus.
La différence entre les bons cavaliers et les stars réside dans la finesse du maintien de leur niveau, leur capacité à répéter les week-ends et les années, le tout avec plusieurs chevaux et pas simplement avec un crack. Nous devons encore beaucoup progresser et c’est ce qui rend ce sport si passionnant. Je suis très déçu de moi-même, vis-à-vis de ceux qui nous soutiennent et qui m’ont aidé dans mon équitation, mais aussi de ma femme, Léa, qui bosse comme trois personnes depuis le début de l’année afin que je sois dans le même confort que les autres cavaliers de 5* et que je sois aussi concentré et en forme qu’eux. Le retour à la maison va être dur, je vais travailler encore plus dur sur mon équitation, sur mon système. Il faut que l’on trouve d’autres chevaux pour aider Eleven et que je me mette à son niveau. Avec un tel cheval, ma femme derrière, nous rebondirons.”
